نصوص
Liberté pour Mohammed Abbou Liberté pour tous les prisonniers politiques Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel : 71 354 984 aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 12 mai 2007 Communiqué La famille des jumeaux Khaled et Oualid Layouni, prisonniers politiques, vit un drame permanent. En dépit de son état de santé affaibli du fait de sa grève de la faim commencée le 3 mai 2007, madame Ftima Bouraoui, leur mère, a tenu à se rendre à la prison de Mornaguia pour obtenir une autorisation de visite à son fils Oualid, hospitalisé à Razi, spécialisé dans les maladies mentales. Mais la prison a refusé et ne lui a pas délivré le permis demandé. Pire, elle a donné l’ordre aux gardiens de l’agresser, qui l’ont rouée de coups, la faisant tomber et ils ont déchiré ses vêtements et éparpillé les affaires qu’elle transportait. Au même moment, son fils Khaled était emmené pour être déféré devant la chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, chargée de l’examen de l’affaire pendante en vertu des dispositions de la loi sur le terrorisme. Il a refusé, mais les agents l’ont contraint à se présenter devant la commission du tribunal, présidée par le juge Tarek Braham. Il a été évacué de la salle après avoir déclaré qu’il considérait le tribunal incompétent parce que partial à ses yeux. A la suite de son évacuation, il a été agressé par des agents de la police politique en présence de nombreux avocats. L’AISPP (…) Le Président de l’Association Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
AMNESTY INTERNATIONAL Lettre ouverte Index AI : EUR 63/004/2007 (Public) Bulletin n° : 093 ÉFAI 11 mai 2007
تونس نيوز — 2007-05-13
العدد الصادر يوم 13 ماي 2007، ويضم 3 مقالات
- 13 مايو 2007
- مصدر الوثيقة:
- تونس نيوز
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TUNISNEWS 8 ème année, N° 2546 du 13.05.2007
archives : www.tunisnews.net
LTDH – Section de Bizerte: Communiqué
AISPP: CommuniquéAmnesty International: Bosnie-Herzégovine. Lettre ouverte aux autorités sur la révision de citoyenneté et le renvoi forcé vers des pays où il existe un risque de torture Mes aventures dans le consulat général de Tunisie à Paris Soumaya Ghannoushi: Europe’s Islamic self
Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme 75 avenue Ferhat Hached, 7001, Bizerte Tel : 72 435 440 Bizerte, le 9 mai 2007 Communiqué La Section de Bizerte de la LTDH porte à la connaissance de l’opinion publique que la police de la ville de Sejnane, à 70 km au nord de Bizerte, continue de violer l’immunité des domiciles en procédant à des intrusions effrayantes faisant suite à un bouclage du quartier et de la circulation. Il est ensuite procédé à un simulacre de fouille où tout est mis sens dessus dessous, qui s’achève par une saisie de livres religieux et littéraires, en vente dans toutes les librairies en Tunisie. Dans ce climat d’épouvante, la police a procédé à un raid qui s’est soldé par l’arrestation de citoyens dans la fleur de l’âge, connus pour leur conduite irréprochable et leur bonne éducation dans cette ville, réputée tranquille. Citons notamment le cas de 1) Ramzi Ben Salah Hakiri, âgé de 26 ans, qui est par son travail l’unique soutien de famille depuis le décès de son père. Il a été arrêté par la police à Bizerte le 20 avril 2007, emmené au poste, où sans autre préambule ou interrogatoire, il a été roué de coups, puis dépouillé de ses vêtements, totalement,-la torture a alors porté sur ses organes génitaux et ses fesses. Ramzi ne sait pas combien de temps il a été torturé car il a perdu connaissance. Et il lui a fallu du temps pour reprendre ses esprits. Il a senti une soif intense et a demandé à boire de l’eau ce qui lui a été refusé. Dans l’après-midi du même jour, il a été relâché et menacé au cas où il ferait état des tortures subies. On ne lui a restitué ni son portable ni sa carte d’identité, ni son permis de conduite ni les documents de son véhicule. Et après avoir dressé un procès verbal relatif à la religion, la prière, le jeûne, et avec qui des membres de sa famille ou de ses connaissances il faisait la prière, ils lui ont demandé de collaborer avec eux. Mais le jeune Ramzi a tenu bon, muet et patient, et les a quittés, pensant que l’affaire était close. Mais le poste de police de Sejnane lui a enjoint de se rendre à Bizerte pour y récupérer ses papiers et autres documents. Il s’y est rendu le 24 avril. Et depuis lors, il n’est pas revenu dans sa famille et a rejoint la liste des perdus de vue. La Sûreté nationale de Sejnane et de Bizerte a nié le détenir ou le connaître, faisant de sa mère, madame Jamila Hakiri, une seconde victime après l’arrestation de son fils. 2) Le 21 avril 2007 à cinq heures du matin, la police de Sejnane a fait une intrusion au domicile de Monsieur Abdelhakim Mcharki, alors que toute la famille dormait. Ils ont semé le désordre, renversé les meubles et vidé leur contenu, pour en terminer par l’arrestation du propriétaire des lieux. Ils sont saisi des livres religieux et littéraires. La police, en septembre 2001, l’avait déjà interrogé sur des questions religieuses et l’avait relâché après lui avoir demandé sa collaboration. Lui avait préservé sa dignité et les avait évités jusqu’à son arrestation, qui survient quatre mois après son mariage. Elle a provoqué un choc chez son épouse qui est enceinte et menacée d’une fausse couche. La LTDH de Bizerte (…) Pour le Comité de section Ali Ben Salem (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
Liberté pour Mohammed Abbou Liberté pour tous les prisonniers politiques Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel : 71 354 984 aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 12 mai 2007 Communiqué La famille des jumeaux Khaled et Oualid Layouni, prisonniers politiques, vit un drame permanent. En dépit de son état de santé affaibli du fait de sa grève de la faim commencée le 3 mai 2007, madame Ftima Bouraoui, leur mère, a tenu à se rendre à la prison de Mornaguia pour obtenir une autorisation de visite à son fils Oualid, hospitalisé à Razi, spécialisé dans les maladies mentales. Mais la prison a refusé et ne lui a pas délivré le permis demandé. Pire, elle a donné l’ordre aux gardiens de l’agresser, qui l’ont rouée de coups, la faisant tomber et ils ont déchiré ses vêtements et éparpillé les affaires qu’elle transportait. Au même moment, son fils Khaled était emmené pour être déféré devant la chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, chargée de l’examen de l’affaire pendante en vertu des dispositions de la loi sur le terrorisme. Il a refusé, mais les agents l’ont contraint à se présenter devant la commission du tribunal, présidée par le juge Tarek Braham. Il a été évacué de la salle après avoir déclaré qu’il considérait le tribunal incompétent parce que partial à ses yeux. A la suite de son évacuation, il a été agressé par des agents de la police politique en présence de nombreux avocats. L’AISPP (…) Le Président de l’Association Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
AMNESTY INTERNATIONAL Lettre ouverte Index AI : EUR 63/004/2007 (Public) Bulletin n° : 093 ÉFAI 11 mai 2007
Bosnie-Herzégovine. Lettre ouverte aux autorités sur la révision de citoyenneté et le renvoi forcé vers des pays où il existe un risque de torture
Conseil des ministres Bosnie-Herzégovine M. Tarik Sadovic Ministre Ministère de la Sécurité Re : Préservation des droits fondamentaux des personnes soumises à l’éloignement de Bosnie-Herzégovine Monsieur le Ministre, Amnesty International, le Comité Helsinki pour les droits de l’homme en Bosnie-Herzégovine et Human Rights Watch écrivent pour vous demander d’exercer votre autorité afin que toute personne en Bosnie-Herzégovine soumise à l’expulsion, l’extradition ou autre éloignement soit protégée contre un renvoi vers des pays où elle risquerait de subir de graves atteintes aux droits humains, notamment la torture ou autre châtiment ou traitement cruel, inhumain ou dégradant. Cette préoccupation est particulièrement liée au contexte actuel de révision de la citoyenneté de citoyens naturalisés de Bosnie-Herzégovine. Nous sommes inquiets des commentaires publics récents de responsables de Bosnie-Herzégovine, encourageant les personnes dont la présence ou la citoyenneté fait l’objet d’un examen à «quitter volontairement le pays avant d’être expulsées». À la lumière des inquiétudes exprimées par des personnes soumises au processus de réexamen de leur citoyenneté, ainsi que du traitement passé de personnes considérées comme un risque pour la sécurité du pays, nous vous exhortons à mettre en œuvre efficacement les recours existants, et à fournir des garanties suffisantes contre les transferts et le refoulement extrajudiciaires. Nous rappelons l’affaire de 2002 concernant six personnes d’origine algérienne remises par les autorités de Bosnie-Herzégovine à l’armée des États-Unis, bafouant la décision de la Cour suprême de Bosnie-Herzégovine, selon laquelle la détention de ces six personnes était dénuée de fondement, ainsi qu’une décision temporaire de la Chambre des droits de l’homme de Bosnie-Herzégovine demandant des mesures provisionnelles pour empêcher l’éloignement, l’expulsion ou l’extradition de quatre de ces six personnes. Celles-ci ont par la suite été transférées au centre de détention de Guantánamo. Cette affaire figure dans le rapport de juin 2006 du Rapporteur spécial de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur les détentions secrètes et transferts interétatiques illégaux présumés impliquant des États membres du Conseil de l’Europe (AS/Jur (2006) 16 IIe partie). Comme la Cour européenne des droits de l’homme l’a souligné à plusieurs reprises, tout transfert vers un pays où la personne concernée risquerait la torture ou d’autres traitements ou châtiments cruels, inhumains ou dégradants constitue une violation de l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, à laquelle la Bosnie-Herzégovine est devenue État partie le 12 juillet 2002. Toute procédure faisant courir à une personne le risque d’expulsion, d’extradition ou autre refoulement, y compris en raison d’une procédure de réexamen de la citoyenneté, doit protéger les droits humains de cette personne. Il est particulièrement nécessaire de s’assurer que les procédures de demande d’asile et les recours nationaux existant en Bosnie-Herzégovine offrent des garanties suffisantes contre le risque de torture ou de mauvais traitement, ou l’imposition de la peine de mort aux personnes soumises à l’éloignement du territoire. Pour que les personnes soumises au refoulement aient accès à un recours adéquat contre les violations de leurs droits humains, il est fondamental que les appels des expulsions pour des raisons de droits humains aient un effet suspensif, afin de permettre aux personnes concernées de demeurer en Bosnie-Herzégovine pendant que leur appel est étudié. Il est également impératif que les autorités de Bosnie-Herzégovine ne se fient pas à des assurances diplomatiques pour expulser des personnes risquant la torture ou d’autres mauvais traitements. Les recherches de nos organisations indiquent que ces assurances offrent des garanties insuffisantes contre la torture et les mauvais traitements. En se fiant aux assurances diplomatiques, les États contournent leurs obligations définies par le principe de non-refoulement, bafouant l’obligation absolue de ne pas renvoyer une personne vers un endroit où elle risque des violations de ses droits humains. Cette opinion est largement partagée par les experts internationaux des droits humains, notamment le Haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, et le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Nous exhortons les autorités de Bosnie-Herzégovine à ne pas demander ou croire de telles assurances, lorsque des personnes courent le risque d’être torturées ou de subir de mauvais traitements. Nous vous exhortons à prendre des mesures appropriées pour protéger les droits fondamentaux de toutes les personnes soumises à l’éloignement de Bosnie-Herzégovine, notamment celles dont la citoyenneté est réexaminée. En vous remerciant de l’attention que vous prêtez à cette question importante, Avec l’expression de notre haute considération, Holly Carter Directrice exécutive Division Europe et Asie centrale Human Rights Watch Srdan Dizdarevic Président Comité Helsinki pour les droits de l’homme en Bosnie-Herzégovine Nicola Duckworth Directrice Programme Europe et Asie centrale Amnesty International Copie à : Nebojša Radmanovic, président de la Présidence, Bosnie-Herzégovine Haris Silajdžic, membre de la Présidence, Bosnie-Herzégovine Željko Komšic, membre de la Présidence, Bosnie-Herzégovine Nikola Špiric, président du Conseil des ministres, Bosnie-Herzégovine Beriz Belkic, président de la Chambre des représentants, Bosnie-Herzégovine Bariša Colak, ministre de la Justice, Bosnie-Herzégovine Vjekoslav Vukovic, président de la Commission d’État pour la révision des décisions de naturalisation des citoyens étrangers Christian Schwarz-Schilling, Haut représentant, bureau du Haut représentant et du Représentant spécial de l’Union européenne, Bosnie-Herzégovine Fiorenzo Stolfi, président du Comité des ministres, Conseil de l’Europe Index AI: EUR 63/004/2007 11 Mai 2007