تونس نيوز — 2006-10-29
العدد الصادر يوم 29 أكتوبر 2006، ويضم 6 مقالات
- 29 أكتوبر 2006
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- تونس نيوز
AISPP: Communiqué L’Audace: Détails sur le retour de Moncef Marzouki L’Audace: Edito – La tortiocratie face a la Tunisie militante Dehliz: Otez le Hijab : Sectes, Hijab et esthétique Me Kamel Chaabouni: La Tunisie doit apporter son aide à l’Irak afin de rétablir l’ordre et la paix !!!
Cliquez ici pour accéder au reportage exceptionnel de l’AISPP sur la catastrophe humanitaire des prisonniers politiques Tunisiens
Voir également les documents vidéo:
Le Cri De Détresse De La Famille Du Prisonnier Politique Fathi Issaoui
Nouveau témoignage vidéo de l’AISPP sur les multiples condamnations pour les mêmes faits en Tunisie.
(Source : www.nawaat.org )
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel : 71 340 869, Fax : 71 351 984 28/10/06 Communiqué * L’AISPP a appris que le prisonnier politique Hatem Zarrouk, incarcéré à la prison d’El Mornaguia, où il effectue une peine de six ans d’emprisonnement, avait commencé une grève de la faim illimitée le 24/10/06, en solidarité avec son épouse, madame Sihem Najjar, et son fils Chouaïb qui ont été violemment agressés par des agents de la police politique après avoir quitté le domicile du prisonnier politique Mohammed Abbou, mardi 24/10/06, au coucher du soleil. Son épouse alitée du fait de ses lésions sur tout le corps, notamment au dos, a du rendre visite à son mari en prison, ce qui a fait empirer son état, et l’a contrainte à s’aliter à nouveau. L’AISPP a appris que le domicile de madame Sihem Najjar était encerclé aujourd’hui, samedi après-midi par un dispositif impressionnant de la police politique, qui en interdisait l’entrée et la sortie. · Le domicile de l’ex prisonnier politique et président du Congrès pour la République, le Docteur Moncef Marzouki, sis à El Kantaoui (gouvernorat de Sousse), est encerclé par un important dispositif de la police politique, qui l’empêchait de recevoir des visites, notamment celle de l’ex prisonnier politique Hamadi Jebali, qui est astreint à son tour au contrôle administratif. L’AISPP a su que le Dr Moncef Marzouki revendiquait son droit à tenir des réunions, à rentrer en contact avec la foule, que soit levé l’état de siège qui l’entoure et qu’il s’estimait assigné de fait à résidence. · Monsieur Ahmed Ghazouani nous a informés que son fils, le prisonnier Ghaith El Ghazouani a subi une provocation du surveillant de sa cellule, un prisonnier de droit commun, nommé Mehrez, qu’il avait appelé au secours les gardiens pour éviter de lui répliquer et que
le sous lieutenant Kamel et l’agent Lotfi Garsi
lui avaient fait subir des violences et emmené au cachot individuel avant la rupture du jeûne et qu’en guise de punition ils l’avaient complètement déshabillé et fait subir le supplice de la fouille. Il a passé neuf jours dans ce cachot de façon infondée et arbitraire. Le président de l’Association Maître Mohammed Nouri (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)Au nom de Dieu seul Tunis, le 28 octobre
16 ème jour de grève de la faim
(…) Moi, Abdelhamid Sghaïer, étudiant en troisième année, poursuis ma grève de la faim pour le seizième jour d’affilée (…) pour voir aboutir mes revendications (…). Cette grève vise à protester contre le procès expéditif qui m’a été intenté parce que j’ai défendu mes collègues voilées à qui l’on avait interdit l’entrée de la fac de sciences de Tunis le 11 octobre dernier, à obtenir mon passeport dont j’ai déposé la demande le 27 avril 2006. Je salue tous ceux qui m’ont contacté et m’ont exprimé leur solidarité. Je proclame mon droit à un procès équitable J’appelle le pouvoir à me délivrer mon passeport J’affirme que mes revendications sont légitimes et pondérées J’appelle toutes les forces de la société civile et politiques à se tenir à mes côtés A. Sghaïer Lieu de la grève : Bat 25 rue Sidi Soufiane (centre-ville de Tunis), 3 étage, appartement 8 absghaier@yahoo.fr 00 216 97 080 718 (en cas de coupure, renouveler l’appel) (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)Dépêche C P R
Ce dimanche matin 29 Octobre , Docteur Moncef Marzouki ,marchant au port Kantawi avec son neveu Riadh Bedoui ,a été interpellé par une femme inconnue qui l’ a accusé de la harceler sexuellement et qui n’a pas cessé de le poursuivre avec ses quolibets et ses menaces . Dix mètres plus loin, de jeunes voyous l’ont accablé d’injures et l’ont menacé de viol. Docteur Marzouki et Mr Riadh Marzouki ont rejoint le domicile poursuivis par une horde de voyous proférant des injures, des insultes et des menaces . Le Congrès pour la République ( C P R ) et le Docteur Marzouki se prononceront ultérieurement sur cette nouvelle grave affaire . Me Abdelwaheb Matar NB : PRIERE TRADUIRE ET DIFFUSER LA DEPECHE LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE . ABDELWAHEB MAATAR AVOCAT EN CASSATION , PROFESSEUR EN DROIT SFAX – TUNISIE Tel;00216 20 410568
Détails sur le retour de Moncef Marzouki
Slim Bagga Voici ce qui s’est passé le jeudi 26 octobre, au retour de Moncef Marzouki. Après 3 jours autour d’amis entre Tunis et sa ville natale, Douz, Moncef Marzouki a décidé de rentrer chez lui à Sousse (140 km au sud de Tunis). A 9 km, de son arrrivée, il fut débarqué d’un taxi louage; Une cinquantaine de malabars, en tenue civile, l’attendaient. Et les insultes commencèrent à fuser: – Fils de traducteur (interprète) de la France coloniale; – Agent de l’Emir du Qatar; – Arrête-toi, qu’on te casse la gueule; – Fils de p…; – Traître; – Sale juif, inféodé aux sionistes…. Cela a duré sur 3 km. Moncef Marzouki s’est alors réfugié dans un cabinet médical appartenant à son frère aux abords de Sousse. Vu l’affluence des patients, il dut le quitter très vite pour ne pas gêner l’exercice médical. De nouveau, parcourant le trajet à pieds sous les insultes, il put obtenir un ami qui vint à sa rescousse.. La voiture fut empêchée de redémarrer. Arrivés devant un parc zoologique, on lui dit alors: “animal, on va te jeter avec les animaux”. Tout cela s’est passé alors qu’une escouade de policiers en tenue officielle faisait mine de gérer la circulation, ignorant que 50 voyoux harcelaient un seul homme. Moncef Marzouki n’a pas accès à son courrier électronique. Les amis peuvent le joindre à ce nouveau numéro : 00 216 24 190 400 Dernière minute Alors que nous mettons sous presse ce dimanche 29 octobre 2006, nous avons appris que le professeur Moncef Marzouki a tenté de quitter sa villa ce matin, accompagné de son neuveu. Arrivé au niveau du port, El Kantaoui, une jeune femme s’est jetée et a crié au viol. Un attroupement s’est organisé, et des insultes ont fusé de nouveau jusqu’à ce que le Docteur Marzouki réintègre son domicile. Cette jeune femme a à peine une vingtaine d’années. Et qui peut croire que le Docteur Marzouki soit capable d’importuner une jeune fille qui doit avoir l’âge de sa propre fille? Ces pratiques voyoues ne sont pas sans nous rappeler ce qui s’est passé il y a quelques années à Tunis concernant le correspondant de l’Agence France Presse (AFP). Alors qu’il accomplissait dignement son travail, on l’avait accusé de tentative de viol et mis un point d’honneur à son départ de Tunisie pour qu’il n’y soit pas incarcéré. Cela s’appelle, en ce qui concerne Moncef, une ultime tentative de l’assigner à résidence à Sousse. Cela aussi nous incite à rappeler que ce n’est pas forcément le ministère de l’Intérieur qui est incriminé pour accomplir cette basse besogne. Mais bel et bien le plus haut sommet de l’Etat. (Source: L’Audace N°141 novembre 2006)Bientôt 20 ans de luttes, de compromissions et de scandales :
LA TORTIOCRATIE FACE A LA TUNISIE MILITANTE
Khaled BEN M’BAREK & Slim BAGGA
A la parution de ces lignes, nous serons à dix-neuf années de ce beau 7 novembre 1987 annonciateur de tant de fausses promesses. Celles-ci – parole de Pasqua – n’engageant que ceux qui y croient. 19 ans de mise en place systématique d’un ordre dont les fondements cachés seront patents au milieu des années 90, avec l’attaque contre les forces politiques autres que les islamistes du parti Ennahdha. Ces deux décades apparaissent aujourd’hui comme une suite de manches électorales. Celle qui finit ne fait qu’annoncer et préparer la suivante dans une sorte de course de lièvres dont le peuple est l’enjeu et la victime. Entre les deux, c’est la course effrénée à l’enrichissement par tous les moyens, de ceux qui ont littéralement pris possession de la Tunisie.
Comme le lecteur s’en est certainement rendu compte, cette rubrique a toujours évité l’invective et l’excès de langage. Mais pourrait-on nous reprocher de qualifier le régime de tortiocratie alors que l’usage de la torture n’a jamais cessé depuis que le général de renseignement Zine Ben Ali avait infiltré les services de sécurité tunisiens ? Au vu des preuves accablantes et circonstanciées, le Pays proche n’a -t-il pas été transformé en cleptocratie ouverte entre l’Est et l’Ouest. Lorsqu’elles daignent aborder ce scandale mondial qu’est le vol du yacht français en mai dernier, les autorités du maître de Tunis ne reconnaissent-elles pas que le bateau « a été restitué à son propriétaire » ? Mais on évite soigneusement de préciser en quel honneur ce bien précieux s’est retrouvé du côté de Sidi Bou Saïd entre des mains sur lesquels on jette un voile de silence gêné.
Très justement, pourquoi le pouvoir a-t-il déclenché une énième affaire du voile ? Cette querelle que d’aucuns jugent absurde ne serait-elle pas une manière de détourner le regard de ces retentissants scandales ? Dans un climat électoral chargé en France, Ben Ali semble désireux de bien se positionner par rapport à ce pays, premier fournisseur et premier client de la Tunisie. Pour l’instant, nul ne pense à interroger les candidats à la candidature présidentielle française sur la petite Tunisie ; mais cela ne saurait tarder. Ben Ali et ses services ont toujours appris à prendre le train en marche. En l’état actuel de l’image du régime, Ben Ali sait que même ses plus fervents zélateurs dans la classe politique française ne pourrait se hasarder à prendre sa défense.
Mais plus généralement, le fameux « morceau de tissu » ne servirait-il pas de kamis Othman, prouvant aux Occidentaux que l’on demeure, vaille que vaille, le meilleur parti pour eux dans ce coin névralgique de la Méditerranée ? Car en fait, nul n’en parle aujourd’hui, mais les Tunisiens sont hypersensibles à la campagne électorale française, le général Ben Ali ne faisant assurément pas exception. Au vu du rôle de leader européen que joue la France, il compte certainement sur ses amitiés pour l’introduire auprès de toute l’Europe élargie, où le hijeb promet encore de ravir la vedette à bien d’autres préoccupations, telles que la guerre en Irak. Est-ce, en effet, un hasard si Jack Strew a déclenché la même querelle au même moment en Grande-Bretagne. La Canada réfléchit, l’Italie se positionne et de véritables stratégies mondiales se mettent en place pour faire face à ce défi… On imagine ce que sera le portrait du général Ben Ali, apparaissant au milieu de ce fracas comme le leader musulman qui légitime par sa seule présence les approches les plus répressives qui seront préconisées à l’égard des musulmanes attachées au hijeb.
Sur le plan intérieur, la querelle du foulard permet au pouvoir de rappeler qu’il est seul à gouverner le pays et à fixer les règles politiques et sociales qui doivent le régir. Ceci doit d’autant plus être compris que la campagne électorale de 2009 est déjà dans tous les esprits. Et si certains lui apportent quelque bonne idée, il ne fera pas la fine bouche. Sur le foulard, l’Association des femmes démocrates et le Tajdid (cryptocommuniste) ont été les premiers à interpeller le gouvernement sur son « inaction » face à ce phénomène. Depuis, fort malheureusement, Khédija Chérif n’a rien fait pour épargner à son organisation l’accusation d’avoir jeté la milice gouvernementale sur de pauvres femmes et jeunes filles qui ne demandaient qu’à vivre en paix…
D’autres Tunisiens donnent l’impression de vouloir rouler pour le pouvoir en place. C’est le cas de Me Chaouki Tabib, connu pour ses positions honorables dans d’autres circonstances. Qu’est-ce qui l’a pris d’avoir retourné le Conseil de l’Ordre contre la décision de boycotter la cérémonie de rentrée judiciaire, comme le rapporte Omar Mestiri dans le dernier Kalima ? Mystère. Qu’a-t-il en commun avec un avocat à gages tel que ce Mekki Jaziri , comploteur contre la LTDH ? Toujours est-il qu’il a sorti le pouvoir d’un joli pétrin. Le boycott de la rentrée judiciaire en grande pompe aurait été une première dans l’histoire de la justice. Par la même occasion, le pouvoir se serait retrouvé seul avec ses jaunes de l’Association des magistrats tunisiens, menés par le magistrat véreux Khaled Abbès, encore candidat à sa propre succession à la tête de l’AMT.
Mais comme à chaque fois, d’autres Tunisiens rétablissent l’espoir d’un pays qui n’a pas dit son dernier mot face à ses oppresseurs. C’est ainsi que l’on peut aborder le retour au pays du Pr Moncef Marzouki. Non seulement il ne se laisse pas impressionner par la menace de poursuites judiciaires, mais il jouit de ses droits au lieu de continuer à les réclamer comme un vœu pieux. En cela, ce militant tunisien allie le slogan qu’il avait lui-même forgé à l’action, y compris sur le terrain au fin fond du Sud tunisien, où il a pu tenir meeting. C’est d’un courage et d’une détermination qui contribuent à éroder toujours un peu plus le jusqu’auboutisme du pouvoir et la peur dans l’opinion. Puissent les autres Tunisiens ne pas le laisser seul face à l’ogre…
Avec la maîtrise de la scène au niveau international, grâce au mouvement du 18-Octobre et au combat des Tunisiens tels que Souhair Belhassen, que nous félicitons d’avance et très chaleureusement, pour son élection à la tête de la FIDH, les batailles à venir ne seront pas des formalités pour le pouvoir tortiocratiques à son 19ème automne.
(Source: L’Audace N°141 novembre 2006)
Breves de Tunisie
Les visireurs du palais,les ministres et les ambassadeurs etrangers qui ont eu l`occasion de voir le president Ben Ali au cours des deux dernieres semaines ont remarqué le teint pale et l`enflement visible du visage du selon les medecins a une eventuelle consommation intensive de cortysone.Des rumeurs courent partout et certains n`hesitent plus a comparer la situation actuelle a la veille du 6 novembre 1987,qui a legitimé le changement medical du regime.
Mais ce qui alimente ces memes rumeurs ce sont les trois reunions que le ministre de la defense a preside ” sur ordre du president” les 12.16 et 26 octobre au siege de son departement avec toutes les instances securitaires des deux ministeres( interieur et defense) sans la presence de Mr Belhajkasem, officiellement pour coordonner l`action des differents services dans des cas d`exception ou de crise. Mais les cadres de ces services ont compris vite que leur nouveau patron est desormais Kamal Morjane,et qu`ilya des surprises d`automne dans l`air. M. M.Otez le Hijab