تونس نيوز — 2001-07-06
العدد الصادر يوم 6 جويلية 2001، ويضم 22 مقالاً
- 6 يوليو 2001
- مصدر الوثيقة:
- تونس نيوز
TUNISNEWS
Nr 416 du 06/07/2001
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LES TITRES DE CE JOUR:
- Affaire Sihem Ben Sedrine suite
- Communiqué de soutien du congrès constitutif du RAID (Attac Tunisie)
-
Harlem Désir, Olivier Dupuis et Roselyne Vachetta: COMMUNIQUE DE PRESSE
- L’éditorial de Jean Daniel : Le retour en Tunisie
-
L’Association des Journalistes tunisiens “gèle” ses relations avec RSF
- Carlos Menem en prison
نداء إلى علماء الأمة من شباب تونس الأسيرة
Dossier Sihem Ben Sedrine
المساجين الإسلاميون يضربون عن الطعام مساندة لسهام بن سدريندخل مجموعة من المساجين السياسيين الإسلاميين في سجن 9أفريل في إضراب عن الطعام هذا الأسبوع احتجاجا على اعتقال الناطقة باسم المجلس الوطني للحريات السيدة سهام بن سدرين.
وأفادت اللجنة الدولية لمساندة السجناء السياسيين في تونس التي أوردت الخبر أن عشرات من القياديين الإسلاميين في السجن المدني بالعاصمة والذين كانوا قد أضربوا عن الطعام في الأيام الأخيرة للمطالبة بسن العفو التشريعي العام قد استأنفوا حركتهم الاحتجاجية مطالبين بإطلاق سراح المناضلة سهام بن سدرين
http://www.zeitounatv.com/arnews2.htm#ppsihem
C.R.L.D.H. Tunisie
Comite pour le Respect des Libertes et des Droits de l Homme en Tunisie I
NFORMATIONS – 6 JUILLET 2001
L audition de Sihem Bensedrine le 5 juillet 2001
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Les avocats se retirent . Journee historique au Palais de Justice. La demande de liberte provisoire est refusee. Sihem, au moral inebranlable, est renvoyee a la prison des femmes de « La Manouba ».
Arrêtee le 26 juin 2001 a son retour a Tunis, Sihem Bensedrine a comparu le jeudi 5 juillet 2001 devant le juge d instruction (quatrieme bureau) du Tribunal de Premiere Instance de Tunis. Cette audition avait ete precedee par la multiplication des tracasseries a l egard de ses avocats concernant l organisation des visites mais aussi par une importante mobilisation nationale et internationale. Le 3 juillet 2001, en particulier, a 12H30, un rassemblement avait ete organise devant la prison des femmes de « La Manouba » pour reclamer sa liberation. Ce rassemblement constitue une premiere a laquelle les autorites ont repondu par un deploiement policier agressif et disproportionne.
Le jeudi 5 juillet, une centaine de personnes, representant les differentes associations et sensibilites autonomes au sein de la societe civile, se sont rassemblees sur le passage de Sihem pour lui exprimer, de façon emouvante a son arrivee au Palais de Justice, leur solidarite et pour reclamer sa liberation ainsi que des garanties pour une justice independante. Plusieurs observateurs d ONG internationales et des missions diplomatiques en Tunisie etaient presents au Palais de Justice. Parmi eux figuraient, notamment, Abdelaziz Bennani, president du reseau euro-mediteranneen des droits de l homme (REMDH) et Maître Latifa Ouezzani, avocate marocaine mandatee par Amnisty Internationale.
L audition a ete precedee par d interminables tractations avec le magistrat instructeur qui a refuse d envisager le transfert de la seance dans un local moins exigu, exigeant que, sur les 167 avocats constitues, seuls une vingtaine d entre eux assistent a l audition. Les avocats, en accord avec Sihem Bensedrine, ont decide de se retirer pour protester contre les difficultes rencontrees pour lui rendre visite, l impossibilite de leur presence dans le bureau du juge et les tergiversations concernant les chefs d inculpation dont ferait l objet Sihem.
Maître Raouf Ayadi, membre du Conseil de l Ordre, a ete charge de cette protestation qu il a faite, dans le bureau du juge d instruction, en presence de 34 de ses confreres et consoeurs.
Le juge a pris acte de cette protestation et du refus de Sihem d accepter les atteintes flagrantes aux droits de la defense et aux garanties d une procedure et d un proces equitables qui se sont multipliees depuis son arrestation.
Sihem Bensedrine – qui a pu rencontrer dans le bureau du juge son mari Omar Mestiri et ses deux fils Khaled (25 ans) et M hamed (20 ans) – s est vue confirmer les deux chefs d inculpation retenus contre elle : « diffamation a l encontre de particuliers » et « propagation de mauvaise foi de fausses nouvelles de nature a troubler l ordre public ».
Le premier chef d inculpation se refere aux propos tenus par Sihem concernant, d une part, les malversations et les trafics d influence de Moncef Trabelsi l un des beaux-freres du Chef de l Etat et, d autre part, les
commentaires faits publiquement, dans l exercice de sa fonction, et en presence d avocats, par un magistrat – Jedidi Ghenia – qui a mis en cause, de façon vehemente, le principe même de la presomption d innocence, estimant que tout prevenu est, a ses yeux, coupable.
Le second chef d inculpation – qui peut être sanctionne par trois annees de prison ferme – est relatif aux photos, dont Sihem a fait etat, d un detenu de droit commun – Abderrahman Ghinaoui – decede en detention a la suite des violences et des tortures qu il a subies en prison et auxquelles il a repondu par une greve de la faim de 45 jours. Le 9 mars 2001, il decede et, a l occasion des obseques, sa famille constate des traces evidentes de sevices. Une enquête administrative a alors, semble-t-il, ete decidee et une procedure judiciaire ouverte. Sihem Bensedrine a fait etat de photos montrant les traces des sevices et prises apres deces et autopsie. La LTDH et le CNLT avaient denonce, dans des communiques, les conditions tragiques d incarceration et d interrogatoire de Ghinaoui. Sihem Bensedrine n a donc fait que reprendre des informations deja rendues publiques et elle a montre des photos irrecusables.
Les deux chefs d inculpation se referent a l emission « Le Grand Maghreb » de la chaîne « Al Mustaquella » qui emet, a partir de Londres, sous la direction de Hachemi El Hamdi. C est a la suite de ces emissions que Mohamed Moadda, president du Mouvement Democrate Socialiste, a ete embastille le 18 juin dernier et s est vu retirer le benefice de la liberation conditionnelle qui lui avait ete accordee en decembre 1996. Detenu pour une periode de plus de neuf ans et demi ( !), il n a pu, jusqu ici, rencontrer aucun avocat et il a entame, le 29 juin, une greve de la faim. La chaîne « Al Mustaquella », son
directeur et l un de ses principaux animateurs – Zohair Latif – ont fait l objet depuis de pressions, a leur egard et a l egard de leurs familles, ainsi que d une tres violente campagne de diffamation et d injures justement denoncee par de nombreuses instances, nationales et internationales, de defense des droits humains et des interêts de la profession (cf., notamment, l article immonde de Moncef Gouja, Directeur du quotidien « La Presse de Tunisie », qui occulte la periode 1997-2000 de relations privilegiees entre les autorites tunisiennes, y compris Ben Ali lui-même, et le directeur de la chaîne incriminee presente comme un nouveau Ben Laden !).
Pour en revenir a Sihem, notons que le deuxieme chef d inculpation contredit totalement l argument fallacieux, developpe par le parti gouvernemental tunisien (RCD), en reponse a la reaction du Parti Socialiste Français. Dans cette reponse, le RCD avait, en effet, pretendu que la justice reagissait a un different (diffamation) entre particuliers (notamment le magistrat qui a assigne Sihem pour « outrage a sa personne en tant que magistrat et atteinte au corps judiciaire »), et que l Etat tunisien n etait nullement implique !
Les avocats de Sihem Bensedrine ont depose, avant leur retrait, une demande de mise en liberte provisoire. Le juge d instruction n y a, pour le moment, pas donne suite et Sihem a ete reconduite en cours d apres-midi a la prison des femmes de « La Manouba ».
En attendant, Sihem affiche un moral a toute epreuve et la campagne de solidarite, nationale et internationale, – sur laquelle nous reviendrons – continue de se developper (societe civile tunisienne, organisations arabes et internationales de defense des droits humains, rapporteurs des Nations-Unies, Union Europeenne, Parlement Europeen – dont trois deputes se rendent a Tunis le vendredi 6 juillet -, Commission et Conseil Europeens, demarches officielles française – M. Josselin –, belge, americaine, anglaise, suedoise, etc…).
Paris, le 6 juillet 2001
التوقيت المحلي السويسري 01:50, السبت 07.07.2001 www.swissinfo.org
القشة التي قسمت ظهر البعير!
فى ظاهرة جديدة إنتقدت المعارضة البرلمانية قرار القبض على الناشطة الحقوقية سهام بن سدرين
[Keystone] رغم شدة الحرارة وقرار المحامين الذين جاءوا بعدد كثيف¡ الانسحاب من المحكمة احتجاجا على ما اعتبروه مسا بحق الدفاع¡ فقد أصر العشرات من النساء والنشطاء والفاعلين من معظم الأطياف في حركة المجتمع المدني التونسي على البقاء داخل مبنى ” قصر العدالة ” حتى يبلغوا تضامنهم إلى السيدة سهام بن سدرين¡ التي مثلت في وقت متأخر من ظهيرة يوم الخميس 5 يوليو تموز أمام حاكم التحقيق
وقد حمل هؤلاء صورة هذه المرأة الصلبة التي عرفتها الساحة السياسية والحقوقية التونسية منذ أواخر السبعينات¡ كما رددوا في لحظة ظهورها شعارات تأييد وتضامن¡ ورددوا النشيد الوطني¡ مما أضفى على الحدث بعدا حماسيا تجاوز شخص الصحفية والناطقة باسم المجلس الوطني للحريات¡ ليعكس التعلق الشديد للنخبة بالديمقراطية وممارسة الحق في التعبير¡ وهو ما عكسته الشعارات التي رفعت مثل ” الحرية في تونس “¡ æ” القضاء مستقل والحرية هي الكل “.
ظاهرة جديدة…
لم يتدخل رجال الأمن بطرق تعسفية لتفريق هذا التجمع السلمي الذي لم تشهده المحاكم التونسية منذ فترة طويلة¡ لكنهم شعروا بالتأكيد أنهم أمام ظاهرة جديدة ليست من اختصاصهم ولا يمكن التعامل معها بالوسائل الأمنية التقليدية. أن دائرة المطالبة بالحقوق المدنية والسياسية تتسع يوما بعد يوم¡ وتتجاوز أطراف المدافعين عن حقوق الإنسان أو المنتمين للعائلات السياسية المتهمة بالراديكالية¡ لتشمل في الأيام الأخيرة أوساطا فّضلت في السنوات الأخيرة الابتعاد عن الشأن العام¡ أو راهنت على التعاون مع السلطة.
فمشاركة شخص مثل السيد نور الدين بن خذر في محاولة التجمع أمام مبنى سجن النساء بضاحية منوبة للمطالبة بإطلاق سراح بن سدرين¡ وحضور عدد من رفاقه كرشيد بن للونة وجلبار نقاش أجواء المحاكمة¡ ليس سوى مثالا على أهمية ما يجري داخل الوسط الديمقراطي ودلالاته المستقبلية.
المعارضة الرسمية… تتحرك
فهؤلاء المثقفون الذين ساهموا في تأسيس حركة آفاق خلال الستينات وقضوا جزء هاما من أعمارهم داخل سجون بورقيبة¡ وجدوا أنفسهم بعد سنوات من الابتعاد عن الهم السياسي المباشر¡ منخرطين من جديد في حركية تهدف إلى إعادة تصحيح العلاقة بين الدولة والمجتمع وإعادة الاعتبار لحقوق المواطنة. كما شهدت جلسات البرلمان لأول مرة ارتفاع أصوات نواب أحزاب المعارضة القانونية الذين طالبوا بالعفو التشريعي العام¡ ودعوا إلى الإفراج عن سهام بن سدرين وإطلاق سراح السيد محمد مواعدة.
وصدر في نفس السياق بيان موقع من الأمين العام لحركة التجديد السيد محمد حرمل تضمن نفس المطالب. وأبدت بعض هذه الأحزاب رغبتها في دعم المبادرة التي تقودها حاليا الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الإنسان¡ والهادفة إلى إطلاق سراح جميع المعتقلين وعودة المغتربين وتمتع الجميع بحقوقهم الأساسية.
كما اعتبر مكتب جمعية الصحافيين التونسيين¡ الذي يتعرض منذ فترة طويلة لانتقادات من داخل الأوساط الإعلامية¡ اعتقال بن سدرين ” إجراء لا يتناسب مع واقع استخدامها لحقها في التعبير “¡ ودعا إلى إطلاق سراحها.
ورطة أم مخرج¿
مرة أخرى تشعر دوائر الحكم أو جزء منها على الأقل¡ بأنها تورطت في اتخاذ إجراءات متشددة في مجال الحريات العامة¡ وأن هذا التمشي لا يجد أية مساندة لا من قبل ممثلي المجتمع المدني ولا حتى من أصدقاء السلطة. وهناك من المنتمين للحزب الحاكم ويتحملون مسؤوليات وزارية يعتبرون أن المصلحة الملحة للنظام أصبحت تتطلب – أكثر من أي وقت مضى – القيام بانفتاح داخلي حقيقي¡ والتخلي عن التردد أو سياسة تضارب الإجراءات.
وهي سياسة أضرت حسب اعتقاد الكثيرين بمصداقية الحكم¡ وحالت دون التكهن بالنوايا الحقيقية للسلطة أو استشراف موضوعي لاختياراتها واتجاهاتها. فمن جهة سمح لبعض الصحف ووسائل الإعلام المحلية بالاقتراب من بعض القضايا والأخبار التي كانت تعتبر من المحرمات¡ كما عكست رسالتا التهنئة التي وجهها الرئيس بن علي إلى كل من العميد الجديد للمحامين الأستاذ البشير الصيد والأمين العام للحزب الديمقراطي التقدمي السيد نجيب الشابي قبول السلطة مبدأ التعامل مع الهياكل الجمعية والسياسية المستقلة.
لكن في المقابل جاء إيقاف مواعدة وبن سدرين وإشعار الهيئة المديرة للرابطة بضرورة عدم تجاوزها للمهمة التي حددتها لها محكمة الاستئناف¡ ليدفعا العلاقة في الاتجاه المعاكس. مع ذلك فإن عديد السياسيين أصبحوا يقرون بأن عدم قيام المعارضة بدورها النقدي والمدافع عن الحريات هو الذي جعل نشطاء حقوق الإنسان يتصدون بمفردهم لهذه المهمة ويحتلون مواقع قيادية في الحركة الديمقراطية مما أثار الجدل واللبس حول علاقة الحقوقي بالسياسي. ولعل خوف الأحزاب القانونية من فقدان أي دور لها في المستقبل القريب هو الذي دفع بقواعدها وقيادييها إلى التفكير في العودة إلى صيغة المساندة النقدية بعد ألحقت بها المساندة المطلقة أضرار فادحة. وفي صورة حصول هذا التغيير في سلوك الأحزاب فإن المشهد السياسي التونسي مرشح للقطع مع جزء هام من آليات مرحلة التسعينات.
صلاح الدين الجورشي / تونس
06.07.2001 – 15:09
Le Figaro,
du 6 juillet 2001
Page 2.
TUNISIE Droits de l’homme
Sihem Bensedrine reste en prison
Thierry Oberlé
Arrêtée le 26 juin à Tunis, Sihem Bensedrine, la figure de proue du mouvement de défense des libertés en Tunisie, a été présentée hier pour la première fois devant un juge d’instruction. Animatrice du magazine en ligne Kaiima et porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie {CNLT), M™ Bensedrme a été appréhendée à l’aéroport de Tunis âpres être intervenue à Londres sur les écrans de la chaîne de télévision arabe AlMustaquilla. La militante des droits de l’homme avait dénoncé la. corruption régnant, selon eue, dans son pays. Eue est officiellement accusée d’avoir mis en cause en direct un juge tunisien. Ce dernier l’a assignée pour « outrage à sa personne en tant que magistrat et atteinte au corps Judiciaire », Quelque 200 avocats s’étaient constitués pour la défense. Ils se sont retirés avant le début de l’audience pour protester contre. Arrêtée le 26 juin à Tunis, Sihem Bensedrine, la figure de proue du mouvement de défense des libertés en Tunisie, a été présentée hier pour la première fois devant un juge d’instruction. Animatrice du magazine en ligne Kaiima et porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie {CNLT), M™ Bensedrme a été appréhendée à l’aéroport de Tunis âpres être intervenue à Londres sur les écrans de la chaîne de télévision arabe AlMustaquilla. La militante des droits de l’homme avait dénoncé la. corruption régnant, selon eue, dans son pays. Eue est officiellement accusée d’avoir mis en cause en direct un juge tunisien. Ce dernier l’a assignée pour « outrage à sa personne en tant que magistrat et atteinte au corps Judicidire », Quelque 200 avocats s’étaient constitués pour la défense. Ils se sont retirés avant le début de l’audience pour protester contre une « restriction » des droits de la prévenue. Slhem Benaeditiie a refusé de répondre aux questions. Peux de ses défenseurs ont plaidé sa remise en liberté conditionnelle. Des membres du corps diplomatique accrédités à Tunis, notamment des Hollandais, Suisses, Britanniques et Américains, étaient présents dans la salle ainsi que des militants de l’opposition.
La justice tunisienne a. flnalement confirmé son maintien en détention dans la prison pour femmes de Manouba.
Le sort qui va être réservé dans les prochains jours à Slhem Bensedrine est un nouveau test sur les intentions du pouvoir dans le domaine dos libertés publiques. Le régime fait depuis plusieurs mois souflier le chaud et le froid sur ce dossier. Nommé en février le nouveau mmistre des Droits de l’homme, Slaheddme Maâoul, a promis une ouverture politique. Celle-ci est sans cesse repoussée alors que la Tunisie s’apprête à organiser en septembre les Jeux méditerranéens. Pour l’heure, le raidissement semble être de mise.
Commentaire de Mondher Sfar:
Au moment où le lobby de Ben Ali tente de réfréner les média occidentaux dans leur simple métier de couvrir les événements, en l’occurence ceux qui se passent dans notre cher pays, il est toujours agréable de dire notre gratitude à tous ceux qui continuent à n’écouter que leur devoir, le simple devoir de dire l’actualité. La Figaro mérite ainsi notre sincère gratitude. Mondher SfarAL SHARQ AL AWSAT
بدء محاكمة الصحافية التونسية بن سدرين
تونس: محمد علي القليبي
مثلت أمس الصحافية سهام بن سدرين الناطقة باسم «مجلس الحريات» في تونس¡ غير المعترف به قانونياً¡ أمام قاضي التحقيق بمحكمة تونس لسماع اقوالها في التهم الموجهة اليها من قبل احد القضاة التونسيين¡ والذي قامت بـ«التهجم عليه والمساس بسمعته كقاض». وجرى اعتقال بن سدرين في مطار تونس إثر عودتها من فرنسا في 26 يونيو (حزيران) الماضي¡ إذ اصدر قاضي التحقيق قرارا بايداع بن سدرين السجن على ذمة التحقيق في القضية.
وحسب مصادر اعلامية فقد حضرت الجلسة هيئة الدفاع عن بن سدرين¡ فضلاً عن حضور عدد من المحامين التونسيين. واستطاع بعضهم زيارتها في سجن النساء باحدى ضواحي العاصمة التونسية.
وطبقا لذات المصادر فان التحقيق مع بن سدرين تركز على ما جاء في تصريحاتها لقناة تلفزيونية في الخارج بخصوص القاضي المعني.
كما استجوبت بن سدرين خلال محاكمة علنية حول صور شمسية قدمتها خلال البرنامج¡ ذكرت انها «لشاب تونسي مات تحت التعذيب». ويذكر ان القاضي المتضرر صاحب الشكوى ضد بن سدرين قدم الى المحكمة شريط فيديو يتضمن تسجيلا للبرنامج التلفزيوني¡ موضوع الدعوى.
ويسعى فريق المحامين الذي يحضر التحقيق مع بن سدرين الى طلب الافراج المؤقت عن موكلتهم والتحقيق معها بعد اطلاق سراحها¡ حتى يتم تحديد موعد لمحاكمتها. وكان مجلس النواب التونسي (البرلمان) قد صادق اول من امس على قرار تم بموجبه احالة صلاحيات الافراج المؤقت المشروط من وزارة الداخلية الى وزير العدل التونسي¡ بعد ان اصبحت مصالح السجون التونسية تابعة لاشراف وزارة العدل بدلا من وزارة الداخلية.
AL HAYAT/
تونس : المعارضة البرلمانية تطالب باطلاق مواعدة وبن سدرين
رشيد خشانة )
05-07-2001
حض نواب من أحزاب المعارضة الرسمية¡ في خطوة غير مسبوقة أمس¡ علي اطلاق زعيم حركة الاشتراكيين الديموقراطيين محمد مواعدة والناطقة باسم المجلس الوطني للحريات الناشرة سهام بن سدرين¡ فيما نقل النائب مختار الجلالي مطلب العفو العام الذي أطلقته رابطة حقوق الإنسان وأحزاب معارضة أخيراً إلي حرم البرلمان. ورأي نواب ينتمون إلي أحزاب المعارضة الممثلة في مجلس النواب¡ ان الحكومة توخت وسائل قضائية وأمنية لتسوية خلافات مع معارضيها وحضوا علي التعاطي السياسي معهم. لكن وزير العدل بشير التكاري نفي أن تكون هناك معالجة قضائية لمسائل سياسية ¡ وشدد علي أن الانتماء إلي حزب سياسي لا يضع صاحبه فوق القانون
وكانت مناسبة الجدل عرض مشروع لتعديل قانون يتعلق باطلاق مشروط للسجناء علي مجلس النواب الذي تسيطر عليه أكثرية من التجمع الدستوري الديموقراطي (الحاكم). وكان لافتاً أن نواباً من حركة التجديد (الحزب الشيوعي سابقاً) و الاتحاد الديموقراطي الوحدوي و حركة الاشتراكيين الديموقراطيين طلبوا إعلان عفو عام والافراج عن مواعدة الذي أعيد إلي السجن نهاية الشهر الماضي بعدما ألغي وزير الداخلية قرار العفو الذي غادر بموجبه السجن العام 7991¡ ما يعني أنه سيمضي أكثر من تسع سنوات في المعتقل.
كذلك طلب النواب المعارضون اطلاق الناشرة سهام بن سدرين التي اعتقلت الأسبوع الماضي لدي عودتها من الخارج واحيلت علي القضاء بتهمتي نشر أخبار غير صحيحة وقذف السلطات القضائية.
وتمثل بن سدرين اليوم أمام قاضي التحقيق في قصر العدل في العاصمة تونس لاستجوابها في شأن التهمتين في حضور الدفاع.
وأكد نواب أن الافساح في المجال للتعبير في داخل البلد سيقفل الباب أمام اللجوء إلي الخارج¡ في إشارة إلي ادلاء سياسيين ونشطاء تونسيين بتصريحات لفضائيات عربية اعتبرت تحاملاً علي النظام. لكن نواب الدستوري ردوا علي مداخلات زملائهم ورأوا أن التجريح والقذف يستوجبان تحمل المسؤولية أمام القضاء .
وبعدما اطلقت رابطة حقوق الإنسان السبت الماضي حملة وطنية ودولية للعفو العام بدعم من أحزاب المعارضة¡ لوحظ أن المبادرة لاقت صدي في مجلس النواب بعدما دافع عنها ثلاثة نواب من المعارضة. ورأي النائب الجلالي أنها الحل الوحيد لرد الاعتبار إلي الهيئات والجمعيات كي تعمل في إطار الاستقلال (عن السلطات) ¡ فيما اعتبر النائب عبدالعزيز بن سليمان أنها الجسر الذي ينقل البلد إلي الأمن والطمأنينة والحوار الصريح والبناء ¡ وأكد النائب نجيب حلواني أن العفو العام هو المدخل لتنقية المناخ السياسي وتكريس الاصلاحات .
AL WATAN/ QATAR
الدفاع ينسحب ودبلوماسيون ومراقبون حضروا محاكمتها
تونس : تجديد حبس «بن سدرين»
تونس ــ أ.ف.ب ــ مثلت سهام بن سدرين¡ الصحفية والناشطة في الدفاع عن حقوق الإنسان التي تم توقيفها في 26 يونيو بتونس¡ أمس أمام قاضي تحقيق استمع إلى أقوالها وقرر استمرار حبسها¡ كما علمت وكالة «فرانس برس» من قصر العدالة بتونس. ودامت جلسة المثول أربعين دقيقة رفضت طوالها بن سدرين الإجابة حول جوهر القضية بسبب عدم وجود محاميها. كما احتجت على قلة تراخيص الزيارة التي تمنح «بصعوبة» إلى المدافعين عنها¡ بحسب ما ذكر أحد المحامين الحاضرين لـ «فرانس برس». وكان حوالي «200» محام تقدموا للدفاع عن بن سدرين قد انسحبوا من القضية¡ محتجين على ما اعتبروه «تضييقا على حق الدفاع» باعتبار أن عدد المقاعد المخصصة لهم في مكتب قاضي التحقيق لم تكن كافية. وقد تم احضار بن سدرين إلى مكتب القاضي بوبكر الطرابلسي في الطابق الرابع من بناية قصر العدالة بالعاصمة وسط تصفيق أصدقائها وزغاريد عدة مدافعات عن حقوق الإنسان الذين حضروا منذ الصباح الباكر إلى قصر العدالة¡ حاملين صور بن سدرين ولافتة مكتوبا عليها باللغتين العربية والفرنسية عبارات تطالب باطلاق سراحها. وقد رافق عدد من المحامين بن سدرين إلى مكتب القاضي لتسجيل انسحاب هيئة الدفاع الذي كان قد تقرر خلال جلسة عامة للمحامين وأعلنه عميدهم الجديد بشير الصيد. وذكر أحد هؤلاء المحامين الهاشمي جغام أن القاضي رفض طلب الدفاع اطلاق سراح بن سدرين مؤقتا¡ بيد أنها تمكنت مع ذلك ولوقت قصير من مقابلة زوجها عمر المستيري وابنيها خالد (25 سنة) ومحمد (20 سنة) في مكتب القاضي. وأخذها الحراس إثر ذلك طليقة اليدين لايداعها سجن النساء بمنوبة (الضاحية الغربية للعاصمة) حيث تعتقل منذ نهاية يونيو الماضي. وحضر إلى قصر العدالة بتونس دبلوماسيون غربيون ومراقبون بينهم عبد العزيز البناني وآنا بوزو مدير وعضوة المرصد الاوروبي المتوسطي لحماية المدافعين عن حقوق الانسان¡ وكذلك ممثلة عن منظمة العفو الدولية. ولم تعرف مدة اعتقال بن سدرين¡ وذكر المحامون أن قاضي التحقيق يملك صلاحية اطلاق سراحها في أي وقت.
نداء إلى علماء الأمة من شباب تونس الأسيرة
Source: message envoyé à TUNISNEWS par: manarfejr@maktoob.com (manar fejr)
بسم الله الرحمان الرحيم
<فستذكرون ما أقول لكم و أفوض أمري إلى الله إن الله بصير بالعباد>
نداء إلى علماء الأمة من شباب تونس الأسيرة
إلى :
· علماء الأمة : ورثة النبوة.
· كل مفت تصدى لتبيين الحق من الباطل و احتسب علمه عند الله ليوم اللقاء.
· كل مخلص لا يخشى في الحق لومة لائم..
· كل حر..
· كل قلب نابض.. بما في الإنسانية من معان..
نهدي.. هذه الكلمات..
تشهد تونس.. ذلك البلد الصغير الجميل.. و في صمت مريب.. أفضع عملية تصفية لمعالم الهوية فيه و الإسلام.. فلقد عمد الرئيس بن علي و من خلفه تيار استئصالي متشدد إلى استفزاز الحركة الإسلامية بسن جملة من القوانين المهينة للإسلام مما جعلها ترفض مشروع تجفيف المنابع التي وضعت إزالة مظاهر التدين ضمن أبرز اهتماماته.. و طبعا.. استخف بن علي أعوانه فأطاعوه.. وبدأت أبشع حملة ضد الهوية العربية الإسلامية مستبيحة كل الشرائع مستحلة كل الوسائل و الطرق و الأهداف.. فتم إلقاء القبض على الآلاف من الشباب المسلم في حملة فرعونية مرعبة و تم الزج بهم في معتقلات أبيحت فيها كل وسائل التعذيب و الإذلال.. كما روعت كل العائلات وانتهكت الأعراض لتواصل الحملة بمحاكمات صورية لم يلتفت فيها قضاة الأرض لمظاهر التعذيب الصارخة التي كان الشباب يشيرون إليها و يظهرونها أمامهم.. شهادة منهم عليهم أن في دنيا الناس أو في يوم تذهل فيه كل مرضعة عما أرضعت.. يوم لا ظل إلا ظل الله..
ولم تنته المعانات حيث واصل الفراعنة حملاتهم ضد الشباب العزل داخل السجون فوقع حشرهم مع مساجين الحق العام في غرف ضيقة.. مهينة و تم استثناؤهم من كل حق لا يستساغ أن يحرم منه حتى الحيوان.. و لم يكتف بن علي.. فإضافة إلى منع المصاحف و سجادات الصلاة اجتهد أعوان فرعون في استنباط وسائل أشد قهرا للأنفس الشريفة الحرة.. فتم منع قيام الليل.. و منع الصلاة إلا بصورة فردية و ضمن ظروف لا تصدق وسط خصام مساجين الحق العام و سبهم الجلالة و تنابزهم بالبذيء من الكلام.. منعت صلاة الصبح إلا بعد فتح السجن أي حوالي الثامنة صباحا.. و أصبحت الوشايات بقيام الشباب بصلاة قبل الموعد المحدد تمثل سندا لإذاقتهم أشد العذاب في غرف منفردة يقيدون فيها عراة لأيام طوال لا سند لهم فيها إلا تسبيحة الحبيب محمد صلى الله عليه و سلم <إلاهنا إن كان هذا يرضيك فزدنا>..
و خلف القضبان كانت الحملة في أشدها..تسبيح بحمد السلطان.. و استئصال لكل مظاهر العزة و الإيمان.. فأصبح كل مؤد لصلاته عرضة لتهمة الانتماء و منع الحجاب الممنوع أصلا و بثت العيون ترقب البيوت التي يشتعل فيها النور لصلاة الصبح و أصبحت اللحى و خطى المساجد قرائن ثابتة و أدلة كافية للقبض على أصحابها.. أغلقت المساجد إلا للحظات قبل أداء الصلوات و بعدها و أبعد الأئمة الذين لا يستغفرون الرئيس و يطيلون له القنوت و الدعاء.. و صدرت المناشير بمنع الصلاة في الإدارات و الكليات.. ووقع منع الكتاب الإسلامي و تنقية المكتبات منه.. كما همشت مادة التربية الإسلامية بغلق الآفاق أمام مدرسيها و جعلها مادة هامشية لا يهتم بها إضافة إلى تعديل موادها المقدمة لتواكب حسب قولهم الحداثة و التقدم و حقوق الإنسان.. و إمعانا في تجفيف الينابيع.. أطلق بن علي جنده في المدائن حاشرين..أن يا أيها الشباب افعلوا ما شئتم فلا تثريب عليكم.. فأصبحت المخدرات في متناول الجميع.. و كان شقيق الرئيس نفسه <منصف بن علي> و المحكوم في فرنسا بتهم الترويج للمخدرات هو الذي يتولى العملية حتى يتم قتله من قبل الرئيس تجنبا لإحراجه و إيكالا للمهمة إلى أشخاص آخرين.. كما منعت الجامعة من كل نشاط اللهم إلا أن يكون رقصا و رحلات ماجنة و حفلات صاخبة تهدى فيها الأخلاق و ما بقي منها إلى الإباحة على مذبح يغلف ببارقة التقدم.
و سار القطيع حيث أريد له.. و بدأت سياسة التجفيف تثمر : شبابا مهمشا و انحطاطا فظيعا و انحدار غير مسبوق في المستوى العلمي و تدهورا خطيرا في العلاقات الاجتماعية حيث لم يعد الآباء يقدرون على مصاحبة أبنائهم في وسائل النقل أو الشوارع أين انتشر الشباب المتقدم في أبشع صور الانحلال و الضياع و انعدام الهدف و الهوية.
و زاد الحزن بأن قبض رجال صادقون كالشيخ محمد صالح النيفر و محمد الاخوة و محمد بن إبراهيم.. و لم يجد العلماء و القابضون على الجمر لضيقهم متنفسا إلا أن يتوجهوا لرب العزة طالبين كشف الضر و النظر إلى الضعف بعين الرحمة..
و اليوم.. يقف الشباب المسرّح من السجون حلقة أخرى من حلقات الرعب و المصادرة.. فلا هم مكنوا من حقهم في إعالة ذويهم.. بل و أجبروا على مراقبة إدارية غير قانونية و حرموا من أبسط حقوقهم في الوقت الذي يمرح المجرمون فيه في رقاب الناس و أعراضهم مشغلين قرابتهم للفرعون و ذويه..
و لم يثر إضراب عن الطعام شنه سجين سابق <الهادي البجاوي> اهتمام السلطة التي لا تساوي فيها الأرواح أي قيمة بل و قضى البعض نحبه <الشهيد رضا الخميري> مضربا عن الطعام الذي يقدّم إليه بإذلال لا يليق بأمة أوصاها الله بالعزة و نفى عنها الذلة و الخنوع..
هذه الكلمات.. نهديها لكل من له قلب أو ألقى السمع و هو شهيد.. لكل قلب حيّ.. حتى يعلم أي نظام تعاني بلاده.. و أي سلطة يحضر منتدياتها أي حكام يرحب بهم و تفتح لهم الأبواب.. ولكن و رغم كل هذا فليكن جليا أن نبض الإسلام في هذه البلاد لم يخفت و لن يخفت بحول الله ما دام في أرض عقبة زيتونة و شباب. و ما خوفنا على الإسلام.. فرب العزة قد كفانا حفظه.. و ما خوفنا على الشباب.. فما يزيدهم قمع الفراعنة ألا تمسكا بطريق موسى.. و ما جزعنا على الحجاب.. فالقلوب ترعاه حتى يقيض للعيون أن تراه.. و هاهي بشائر عودة الشباب إلى المساجد تبشر مكرهم بالبوار <و مكر أولائك هو يبور>..
إن الخوف كل الخوف.. على من يعلم هذا و يصر مع ذلك على التعامل مع هذه العصابة المجرمة أو لا يندد بها سرا و علنا..الخوف كل الخوف أن يفوّت العلماء على أنفسهم فرصة فريدة لأن يقفوا موقف العز بن عبد السلام سلطان العلماء أو الأشعث سيدهم و ثائر هم..
الخوف كل الخوف من أن يقفوا مع الشياطين الخرساء.. فلا يجدوا بعد فوات الأوان إلا أن يصرفوا متحسّرين : <يا ليتني كنت معهم فأفوز فوزا عظيما>..
اللهم اجعل هذا حجة لنا يوم الدين.. و حجة على أعدائك يوم لا ظل إلا ظلك..
و كن يا ربنا مع أحبتنا في كل مكان.. و انظر إليهم و هم ينظرون إليك..
و أجبهم كما أجبت حبيبك نوح <ربّ إني مغلوب فانتصر>..
و آخر ما نقول, قوله تعالى <ليس لها من دون الله كاشفة>
و آخر دعوانا أن الحمد لله رب العالمين.
تونس في : 5/7/2001
Communiqué de soutien du congrès constitutif du RAID (Attac Tunisie)
Communiqué de soutien du congrès constitutif du RAID (Attac Tunisie) Aux membres de l’association qui vont être jugés le 9 juillet 2001 Nous, participants au congrès constitutif de RAID (Attac Tunisie) réunis au siège de l’association le 1er juillet 2001, venons d’apprendre que le procès en appel des membres de RAID (Attac Tunisie) ; Messieurs Fathi CHAMKHI, Mohamed CHOURABI et Iheb EL HENI a été fixé pour le 9 juillet 2001 au tribunal d’appel de Nabeul (60 km au sud est de Tunis). Ce procès en appel fait suite au procès intenté contre eux le 24 juin dernier et à l’issu duquel le président de l’association Fathi CHAMKHI et Mohamed CHOURABI ont été condamnés à un mois de prison ferme, pour “maintien d’une association non autorisée” et la condamnation du premier pour une amende de 100 dinars pour “diffusion de fausse nouvelles…”. Iheb EL HENI a été quant à lui acquitté. Le procès qui vient d’être fixé pour le lundi 9 juillet concorde avec une vague particulièrement répressive contre les militants démocratiques qui exercent leurs droits civils et politiques fondamentaux. Nous considérons que ce procès sera pour tous les démocrates une nouvelle étape dans la défense du droit d’organisation et de son exercice comme le garanti la constitution tunisienne et les conventions et les chartes internationales ratifiées par le gouvernement tunisien. Tout en exprimant notre soutien total et inconditionnel aux membres de RAID (Attac Tunisie), nous appelons tous les militants démocratiques à les soutenir et à être présent le jour du procès pour faire en sorte que la justice soit rendue équitablement et acquitte les militants du RAID (Attac Tunisie) et de permettre à notre association d’exister légalement. Tunis le 1er juillet 2001Le congrès constitutif de RAID (Attac Tunisie)
Communiqué de soutien du congrès constitutif du RAID (Attac Tunisie) Avec les membres de l’association Le congrès constitutif de RAID (Attac Tunisie) qui vient de se dérouler le 1er juillet 2001, exprime son indignation face aux différentes formes de répressions dont sont victimes plusieurs membres de RAID (Attac Tunisie) parmi lesquelles : – Madame Sihème Ben Sedrine qui vient d’être arrêter le 26 juin 2001 et jeté en prison, – Monsieur Moncef Marzouki qui a été licencié de son travail et est sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire et qui fait l’objet d’un procès infâme, – Monsieur Sadri Khiari qui a été lui aussi interdit de quitter le territoire tunisien alors qu’il doit se rendre à Paris pour soutenir une thèse de doctorat. Nous considérons que ces différentes formes de répression font partie d’un plan conçu par le pouvoir contre toutes les institutions de la société civile afin de confisquer ses droits d’organisation et d’statement et de réunion. Pourtant tous ces droits sont garantis par la constitution tunisienne et les conventions et les chartes internationales ratifiées par le gouvernement tunisien. Nous exprimons notre soutien total et inconditionnel aux membres de notre association. Et nous exprimons dans le même temps notre solidarité avec le militant Ali Ben Salem et nous exigeons des autorités de tutelle de lui permettre d’avoir sa pension de retraité comme le veut la loi ainsi qu’un carnet de soin auquel il a droit. Tunis le 1er juillet 2001 Le congrès constitutif de RAID (Attac TunisieCOMMUNIQUE DE PRESSE
Harlem Désir, Olivier Dupuis et Roselyne Vachetta
COMMUNIQUE DE PRESSEde Harlem Désir, Olivier Dupuis et Roselyne Vachetta,
Le 5 juillet 2001
Trois députés européens se rendront à Tunis durant les journées des 6-7-8 et 9 juillet 2001 pour demander l’annulation des poursuites judiciaires et des menaces d’emprisonnement qui pèsent sur des militants du mouvement démocratique de Tunisie ainsi que la libération de plusieurs d’autres eux récemment arrêtés.
Les députés Harlem Désir (PSE) Olivier Dupuis (parti radical) et Roselyne Vachetta (GUE), qui composent cette délégation expriment leur plus vive préoccupation au regard d’événements récents qui témoignent d’un net durcissement du régime tunisien à l¹encontre des défenseurs des droits de l’Homme et des militants de la démocratie et de l’Etat de droit.
Le 26 juin 2001, de retour d’un séjour en Europe, l’éditrice Sihem Ben Sedrine, porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), secrétaire générale de l¹Observatoire pour la liberté de la
presse et directrice du magazine en ligne Kalima, était arrêtée à sa descente d¹avion à Tunis à la suite de son intervention du 17 juin 2001 sur la chaîne de télévision arabe Al Mustaquilla (basée à Londres) au cours de laquelle elle avait notamment dénoncé la corruption en Tunisie. Les députés demandent que Mme Ben Sedrine soit libérée et que les charges pesant contre elles et contre d’autres militants associatifs ou politiques poursuivis ou emprisonnés en raison de leurs opinions soient abandonnées.
Les eurodéputés sont particulièrement inquiets de la situation du Dr Moncef Marzouki, ancien porte-parole du CNLT et ancien président de la Ligue tunisienne des Droits de l¹Homme (LTDH) condamné le 30 décembre 2000 à une peine de huit mois de prison ferme pour appartenance à une association illégale et quatre mois de prison ferme pour diffusion de fausses nouvelles. M. Marzouki avait décidé de ne pas interjeter appel de ce jugement, considérant qu¹il ne bénéficierait pas d¹un procès équitable aux vues du déroulement de l¹audience de première instance. En revanche, le Parquet a fait appel à minima et demandé qu¹une peine plus lourde soit prononcée. Le verdict doit être rendu le samedi 7 juillet. Le Dr Moncef Marzouki, pédiatre internationalement reconnu, est actuellement empêché de délivrer son enseignement à l’Université de Sousse et privé de la liberté de se rendre à l’Université de Paris où il est attendu pour un cours en tant que professeur associé.
Les eurodéputés sont extrêmement préoccupés par l’arrestation le 18 juin dernier de Mohamed Moadda, Président du Mouvement des Démocrates socialistes en Tunisie. Inculpé dans le cadre d’une procédure judiciaire extrêmement vague, sinon mystérieuse, il s’est vu retirer le bénéfice de la liberté conditionnelle qui lui avait été accordée en 1996 après avoir purgé 15 mois d’une peine de 11 ans de prison ferme décidée à l’issue d’un procès qui s’est déroulé dans des conditions scandaleuses. M. Moadda risque par conséquent 9 autres années de détention.
Les députés rappellent également que la liberté de mouvement de M. Sadri Khiari, membre fondateur du CNLT et membre du RAID (section tunisienne d¹ATTAC) est toujours entravée. Il a entamé une grève de la faim. La décision d’ouvrir le procès en appel de Fathi Chamkhi, Président du RAID, le 9 juillet a été annoncée la veille de l’ouverture du premier congrès du RAID. Fathi Chamkhi, Mohamed Chouraki et Iheb Heni sont jugés pour “maintien d’une association non reconnue” et “diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public”. Ils risquent des peines très lourdes. Cette tentative d’intimination et de criminalisation de RAID est intolérable.
Les députés demanderont également le rétablissement dans ses droits de la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme. La plus ancienne Ligue des Droits de l’Homme d’Afrique et du monde arabe est en effet sous le coup du verdict du 21 juin 2001 de la Cour d¹appel de Tunis confirmant la décision du Tribunal de première instance du 12 février 2001 et réitérant la décision d¹annulation des actes du dernier Congrès de la Ligue tunisienne des Droits de l¹Homme, y compris la composition de ses instances dirigeantes.
Les députés appelleront les autorités tunisiennes à respecter les engagements internationaux auxquels elles ont souscrit en matière de libertés d¹statement et d¹opinion, notamment le Pacte relatif aux droits civils et politiques, la Déclaration sur les défenseurs des droits de l¹Homme adoptée en 1998 par l¹Assemblée générale des Nations Unies ainsi que les engagements pris dans le cadre de l’accord d’association avec
l’Union européenne en matière de libertés démocratiques, en particulier son article 2.
Contact presse :
Pour Harlem Désir
Valérie Picquet
Tel: 03 88 17 78 53 ou +32 2 284 78 53
Pour Olivier Dupuis
David Caretta
Tel: +32 486 57 88 56
Roselyne Vachetta
Tel: 03 88 78 54 97 ou +32 2
Le retour en Tunisie
Il y a désormais 5 millions de touristes en Tunisie. Cette année, ils ont commencé très tôt à arriver, découvrant ou retrouvant ce qu’ils cherchaient : pour la plupart, tout sauf le luxe. Les lumières solaires, le sel marin, le sucre du chèvrefeuille et des différents jasmins sont dispensés pour tous, de manière égalitaire, dans les villages blanc et bleu ici et là recouverts d’acacias et d’eucalyptus. Dans les restaurants populaires, la nourriture est plus gaie qu’ailleurs. Pas plus raffinée : plus gaie. Les jeunes Européens, abandonnant à d’héroïques retraités la visite des sites archéologiques, passent des torpeurs de la sieste aux explosions nocturnes, assurés d’être contemplés dans leurs ébats par les indigènes, avec une douce ironie et une indulgente complicité. Des touristes non refusés par l’habitant, que rêver de mieux ?
La raison de ce début pour guide touristique ? La volonté de souligner l’importance d’un tourisme particulier dont on va voir les effets dans ce pays. Avant de prendre leur charter, les touristes ont lu dans leurs journaux, surtout européens, que les droits de l’homme sont peu respectés dans ce pays ; que les opposants y sont neutralisés, parfois arrêtés, ce qui a été le cas, hélas, pour plusieurs d’entre eux ces derniers temps. Depuis peu, les amateurs des charmes tunisiens observent une déroutante distance entre les discours libéraux de certains ministres et le conformisme policier et routinier des autres.
On ne peut pas dire pourtant que les touristes tiennent vraiment compte de ce qu’ils ont lu. Sans doute apprennent-ils que l’on peut négocier avec un gendarme la levée d’une contravention et que certains peuvent acheter des passe-droits, d’autres des permis de construire. Cette petite et moyenne corruption, parfois simplement astucieuse et débrouil-larde, tend cependant à passer de la dimension napolitaine à une pratique plus dangereusement mexicaine.
Reste que les touristes n’ont pas du tout l’impression d’arriver et de séjourner dans un pays écrasé par la misère, l’obscurantisme et l’oppression, ces trois plaies des pays africains. C’est dans ce fait, déjà, que réside la force du régime du président Ben Ali. Car le tourisme joue le rôle à la fois ambigu et libérateur qu’il remplissait en Espagne et au Portugal durant les dernières années des régimes de Franco et de Salazar encore que les parcours de ces deux dictateurs n’aient rien de commun avec celui de Ben Ali. A Madrid et à Lisbonne, l’autoritarisme se maintenait alors de manière intermittente, tout en soubresauts, comme désenchanté et en tout cas imprévisible. Il n’empêchait ni la détente ni même la fête, et le filet du despotisme avait parfois des mailles si larges qu’une bourgeoisie de plus en plus aisée arrivait à ruser avec lui et, au fond, à s’en accommoder.
Simplement, il fallait renoncer à appeler les choses par leur nom. Eviter, en parlant du chef de l’Etat, d’évoquer un despote, fût-ce pour préciser qu’il devenait éclairé. Renoncer à penser tout haut, à s’opposer ou à s’exprimer. Les syndicalistes se permettaient des libertés, les associations des frondes, les universitaires, sinon les artistes, des audaces. De temps à autre, des bavures policières un peu plus voyantes que les autres suscitaient en Occident des protestations indignées, et les agences de tourisme avaient alors une certaine crainte de voir leurs affaires diminuer. On savait que les écoutes téléphoniques étaient parfaitement organisées, que le courrier était souvent ouvert et que les ambassadeurs eux-mêmes n’avaient d’autre ressource que d’utiliser la valise diplomatique.
Nous avons là un reflet approximatif de la vie quotidienne à la tunisienne. Le rapprochement est d’autant plus justifié que l’Espagne de l’époque comptait elle aussi 5 millions de touristes. Sauf, une fois encore, que les ombres et les lumières étaient à Madrid et à Lisbonne celles d’un déclin, alors qu’elles sont à Tunis lourdes d’avenir.
Je suis donc revenu récemment dans ce pays, à l’invitation du Collège international de Tunis, inlassablement et savamment présidé par Mme Hélé Béji, animatrice d’échanges culturels aussi libres que prestigieux. Bernard Kouchner et l’ancien ministre tunisien devenu opposant Mohammed Charfi m’avaient précédé en ces lieux : une maison très ancienne et très sévillane, au coeur de la médina.
Je n’étais pas revenu en Tunisie depuis trop longtemps. Mes livres avaient déplu, on ne les trouvait pas dans les librairies, et je ne suis pas sûr que l’on puisse les y acheter aujourd’hui. Mais j’étais heureux de me retrouver parmi tant d’amis connus ou inconnus, de vérifier leur fidélité, d’apprécier leur liberté et de constater que finalement le pouvoir avait moins altéré les consciences que l’immonde spéculation immobilière n’avait défiguré, en certains endroits, des paysages maritimes parmi les plus beaux du monde. J’étais supposé parler de ma mémoire et de mes engagements, mais j’ai préféré traiter d’un autre sujet : les défis et les paris qui sont les enjeux actuels de la société tunisienne.
Comment a-t-on pu s’y prendre pour qu’un pays arabo-musulman, où les femmes sont les égales des hommes oui, les égales, dans tous les domaines, sauf celui de l’héritage ; où 52% des filles et 78% des garçons sont alphabétisés ; où les manuels scolaires ô surprise ! ô révolution ! enseignent le respect de la science, favorisent l’intérêt pour la modernité et préconisent la tolérance, l’ouverture et le goût de la fraternité ; un pays où les dérives islamistes paraissent en nette régression et où, enfin, la prospérité économique, même si elle est loin d’éviter l’exclusion des laissés-pour-compte, est l’une des plus vivantes de la Méditerranée, alors, oui, comment a-t-on pu s’y prendre pour que l’image de la Tunisie ait été à ce point noircie par Amnesty International, Reporters sans Frontières, la Fédération internationale des Droits de l’Homme, le Conseil national pour les Libertés en Tunisie et l’Association Alternatives citoyennes ? Après avoir gagné tant de paris, comment s’y est-on pris pour en perdre tant d’autres ? Et pourquoi, dans ce véritable laboratoire d’expériences qu’est devenue comme malgré elle la société tunisienne, s’est-on exposé au risque d’accréditer l’idée que l’on n’aurait pas pu venir à bout du fanatisme, de l’obscurantisme et de la misère sans passer par le mépris des consciences, la restriction des libertés et l’atteinte à la dignité des opposants ?
L’Association des Journalistes tunisiens “gèle” ses relations avec RSF Tunisie-DroitsHommesL’Association des Journalistes tunisiens “gèle” ses relations avec RSF
TUNIS, 6 juil (AFP) – Le bureau de l’Association des Journalistes tunisiens (AJT) a décidé de “geler” ses relations avec l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans Frontières (RSF), indique un communiqué de
l’AJT rendu public par l’agence tunisienne TAP (officielle).
Dans une lettre adressée à Robert Ménard, secrétaire général de RSF, le bureau de l’AJT “exprime sa condamnation de l’occupation (par RSF) des locaux de l’Office national du Tourisme tunisien (ONTT) à Paris”.
Selon cette association, il s’agit là d’un “acte contraire à l’esprit de tolérance et de pacifisme dont doivent faire preuve toutes les associations et organisations non gouvernementales (ONG) qui défendent les libertés et la démocratie aux niveaux local et international”.
Le bureau de l’AJT, “en tant que représentant de tous les journalistes tunisiens, affirme son refus catégorique de telles pratiques qui portent préjudice aux intérêts de la Tunisie”.
Concernant l’affaire en diffamation intentée contre Sihem Bensedrine, le bureau souligne “que l’AJT respecte l’institution judiciaire et exprime son attachement constant et le principe à l’indépendance de la justice”.
Il note que “la récente position de l’Association (sur ce sujet) ne vise pas à s’ingérer dans le cours de la justice qui demeure l’unique instance habilitée à examiner les affaires dont elle est saisie”.
L’AJT avait demandé, le 30 juin dernier, la libération de la journaliste et militante des droits de l’Homme Sihem Bensedrine et affirmé le droit des Tunisiens à s’exprimer sans être inquiétés.
L’arrestation de Mme Bensedrine est “une mesure inappropriée par rapport au fait qu’elle ait exercé son droit à l’expression”, estimait le Comité directeur de l’AJT dans un communiqué transmis à l’AFP.
L’AJT appelait dans ce communiqué à la libération de la journaliste et soulignait “le droit de tous les Tunisiens à s’exprimer sur tous les sujets intéressant leur pays sans que cela les expose à des poursuites, à un procès ou à une arrestation”.
Sihem Bensedrine, 47 ans, porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) et directrice du magazine en ligne Kalima, a été emprisonnée le 26 juin après avoir été arrêtée à son arrivée à l’aéroport de Tunis.
Elle a été assignée par un juge pour “outrage à sa personne en tant que magistrat et atteinte au corps judiciaire”. Elle avait mis en cause ce magistrat le 17 juin, lors d’une émission diffusée sur la chaîne de télévision privée arabe basée à Londres, Al-Mustaquilla.
Un juge d’instruction a décidé jeudi à Tunis de maintenir Sihem Bensedrine en détention.
L’association des journalistes tunisiens gèle ses relations avec RSF
TUNIS (AP) — L’Association des journalistes tunisiens (AJT) a annoncé le gel de ses relations avec l’organisation Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué publié vendredi par la presse tunisienne.Le communiqué fait état d’une lettre adressée par le bureau de l’AJT à Robert Ménard dans lequel il ”exprime sa condamnation de l’occupation par le secrétaire général de RSF des locaux de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) à Paris”, jugeant qu’il s’agit là ”d’un acte contraire à l’esprit de tolérance et de pacifisme dont doivent faire preuve toutes les associations et organisations non gouvernementales (ONG) qui défendent les libertés et la démocratie aux niveaux local et international.”
Une trentaine de militants de RSF conduits par Robert Ménard avaient occupé la semaine dernière pendant deux jours les bureaux de l’ONTT pour protester contre l’arrestation de la journaliste et militante des droits de l’homme Sihem Ben Sédrine.
”En tant que représentant de tous les journalistes tunisiens”, le bureau de l’AJT affirme son ”refus catégorique de telles pratiques qui portent préjudice aux intérêts de la Tunisie”.
Concernant l’affaire en diffamation intentée contre Mme Ben Sédrine, le communiqué soulique que l’AJT ”respecte l’institution judiciaire et exprime son attachement constant et de principe à l’indépendance de la justice”. Il note que la récente position de l’Association à ce sujet ”ne vise pas à s’ingérer dans le cours de la justice, qui demeure l’unique instance habilitée à examiner les affaires dont elle est saisie.”
Samedi dernier, l’AJT avait appelé à la libération de l’opposante, estimant que son arrestation ”constitue une mesure disproportionnée par rapport au fait qu’elle ait exercé son droit à s’exprimer.”
Carlos Menem en prison
ARGENTINE
Carlos Menem en prison
Jorge Urso a ordonné le jugement et la mise en détention préventive de l’ancien président argentin soupçonné de corruption dans un trafic d’armes.
Carlos Menem et sa femme dans leur résidence lundi (AP)
e juge d’instruction Jorge Urso a inculpé ce mercredi l’ancien président argentin Carlos Menem dans le cadre d’une affaire de ventes d’armes illégales en 1991 et 1995 et l’a renvoyé devant un tribunal.
On accuse l’ancien chef d’Etat d’avoir été le “chef d’un groupe illicite” ayant organisé la vente de 6.500 tonnes d’armes, officiellement destinées au Panama et au Venezuela, mais en fait vendues à la Croatie en 1991 et à l’Equateur en 1995. Ces deux pays étaient alors sous le coup d’un embargo international, l’un dans le cadre du conflit yougoslave, l’autre pour la guerre frontalière l’opposant au Pérou.
Carlos Menem, qui est en résidence surveillée depuis son interpellation le 7 juin dernier, restera par ailleurs consigné dans sa villa située à une trentaine de kilomètres de Buenos Aires.
Cinq à dix ans de prison
S’il est condamné dans cette affaire, pour laquelle trois de ses conseillers de l’époque ont déjà été arrêtés, “El Turco”, qui a toujours nié avoir fait quoi que ce soit d’illégal et affirme être victime de “persécutions politiques”, risque de cinq à dix ans de prison. Mais en cas de condamnation, il bénéficiera d’une loi protégeant les personnes de plus de 70 ans -il en a 71- et purgera cette peine en résidence surveillée.
Outre Carlos Menem, le box des accusés sera également occupé par l’ancien ministre de la Défense Antonio Erman Gonzalez et l’ancien conseiller présidentiel Emir Yoma, frère de Zulema Yoma, l’ex-épouse de Carlos Menem. Le juge Urso a également interrogé l’ancien ministre des Affaires étrangères Guido Di Tella et l’ancien chef d’état-major, le général Martin Balza.
Président de 1989 à 1999, Carlos Menem est crédité pour avoir redressé une économie argentine en pleine débâcle, mais a dû quitter le pouvoir sous des accusations croissantes de corruption visant son administration. Il n’en a pas moins conservé la direction du mouvement péroniste et a parlé ouvertement de son désir de se présenter à nouveau à la présidence en 2003. (AP)
© Le Nouvel Observateur 1999/2000
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