تونس نيوز — 2001-06-23
العدد الصادر يوم 23 جوان 2001، ويضم 12 مقالاً
- 23 يونيو 2001
- مصدر الوثيقة:
- تونس نيوز
TUNISNEWS
Nr 401 du 23/06/2001
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.- LES TITRES DE CE JOUR:
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C.N.L.T: Désarroi des autorités et répression tous azimuts
- C.R.L.D.H. Tunisie:(LTDH : UN VERDICT SURREALISTE ET ABERRANT)
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Sadri Khiari:Communiqué, Grève de la faim, 9ème jour
- MAGHREB CONFIDENTIEL N° 514
- De Nombreuses Arrestations Prévues Avant les J.M. de Tunis
- Reporters sans frontières :La sœur et le beau-frère de Taoufik Ben Brik en procès
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Taoufik Ben Brik: Vive l’involution démocratique
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الدكتور منصف المرزوقي – حوار خاص
ليس عندنا في تونس تدرج ديمقراطي بل تدرج نحو إلغاء الحقوق ومصادرة الحريات
أنا مستعد لدخول السجن واعتقال مواعدة يكشف عمق أزمة النظام التونسي
- التجمع الاشتراكي التونسي يعقد مؤتمره الثالث
- (BBC)أزمة رابطة حقوق الإنسان في تونس
CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN TUNISIE
Tunis le 22 juin 2001
Désarroi des autorités et répression tous azimuts
Les autorités tunisiennes reviennent à la tradition autoritaire qui a constitué leur ligne de conduite constante durant la dernière décade. Ce brutal changement de ligne de conduite qui s’est manifesté ces derniers temps s’est notamment exprimé par : 1. l’ancien prisonnier politique Hédi béjaoui, est à son 45ème jour de grève. Les autorités demeurent sourdes aux cris de détresse de ses enfants, à la vague de soutien qui appuie à travers le monde ses revendications élémentaires de citoyens aux soins et à la liberté de circulation. Ses médecins considèrent que le stade critique est atteint ; après la consommation de près du tiers de sa masse corporelle, M ; Hedi Bejaoui se trouve dans l’incapacité de se tenir sur ses jambes et est sujet à des pertes de conscience de plus en plus fréquentes. Le CNLT, tout en exprimant ses plus vives inquiétudes au sujet de l’état de santé de M.Bejaoui, considère qu’en s’obstinant à nier des droits aussi élémentaires de citoyens, les autorités tunisiennes porteraient seules la responsabilité de tout développement tragique. 2. Sadri Khiari, membre fondateur du CNLT et membre dirigeant du RAID, poursuit depuis le 14 juin une grève de la faim pour réclamer la restitution de son passeport arbitrairement confisqué il y a un an, afin de se rendre à Paris où il doit soutenir une thèse de doctorat en sciences politiques. Sadri Khiari s’était vu restituer son passeport le 16 juin, mais il a été empêché de quitter le territoire le 19 juin sous le prétexte qu’il ferait l’objet de poursuites judiciaires en rapport avec la mission qu’il avait menée à l’étranger pour le compte du CNLT au printemps 2000. Sadri Khiari a fait l’objet d’une fouille serrée et s’est vu confisquer des documents personnels ; il poursuit donc sa grève de la faim pour exiger son droit à la libre circulation.Au même prétexte fallacieux, M.Mohamed Ali Bedoui, membre du CNLT, s’est vu refuser l’embarquement le mardi 12 juin à l’aéroport de Tunis ; la police des frontières lui a aussi confisqué le passeport qu’il venait de recevoir en février après en avoir été longtemps privé.
Le CNLT proteste tout aussi énergiquement contre la décision inique qui prive M.Kamel Jendoubi, membre du CNLT et président du CRLDHT, de retourner sur le sol natal. 3. Le procès en appel du Dr Moncef Marzouki, ancien porte-parole du CNLT a été fixée précipitamment au 23 juin . Après sa condamnation à un an de
prison ferme en décembre 2000, à l’issue d’une véritable parodie de justice, le Dr Moncef Marzouki, avait refusé d’interjeter appel afin de souligner sa défiance à l’égard d’une justice aux ordres. Ce fut le ministère public qui avait fait appel de cette décision. Le CNLT qui a tout lieu de craindre une incarcération imminente de son ancien porte-parole, dénonce avec vigueur ce qui paraît comme un énième recours du pouvoir à l’appareil judiciaire pour contrer les initiatives de ses adversaires politiques. 4. M.Mohamed Moada, président du Mouvement des Démocrates socialistes a été incarcéré le 19 juin à la prison civile de Tunis en vertu d’une décision abusive du Ministre de l’Intérieur de levée de la mesure de libération conditionnelle qui lui avait été accordée en décembre 1996 après sa condamnation arbitraire à 11 ans de prison en février 1996. Le CNLTcondamne cette mesure arbitraire et appelle les autorités tunisiennes à libérer immédiatement et sans condition Mohamed Moadda. 5. La cour d’appel de Tunis a rendu son jugement le 21 juin dans l’affaire de la LTDH. Elle a annulé toutes les décisions émanant des travaux du 5ème congrès et ordonné à l’équipe de la direction actuelle – sans qualité- d’organiser un nouveau congrès dans un an. Il s’agit là d’une flagrante atteinte à la souveraineté du congrès et un signe supplémentaire de l’instrumentalisation de la justice pour la mise au pas des associations autonomes. 6. Le 20 juin, Mme Saïda Zoghlami, sœur du journaliste Taoufik Ben Brik, et son époux Khemaies Mejri ont comparu devant le tribunal de première instance de Tunis pour répondre de l’accusation de « violences » et « injures ». Cette affaire où ils étaient à l’origine les plaignants, paraît comme des représailles du pouvoir à la suite de l’intervention critique de Ben Brik dans une émission télévisée à l’étranger. L’affaire a été renvoyée au 29 septembre.
Le CNLT dénonce cette forme de répression qui prend pour cible les familles et les proches des défenseurs des droits humains et des opposants. 7. Au lendemain de l’émission du grand Maghreb diffusée le dimanche 17 juin, le directeur de la chaîne TV El Mustakilla, Dr Hachemi Hamdi a reçu de la part d’inconnus se réclamant des autorités tunisiennes des menaces d’attentat contre la station de TV. L’éminent journaliste Zouhayer Latif, a également fait l’objet de menaces de mort. Par ailleurs, les proches de Mr Hamdi, résidant au gouvernorat de Sidi Bouzid, sont soumis depuis quelques jours à diverses formes de harcèlement policier, avec notamment l’interpellation de ses frères qui a duré la matinée de ce vendredi 22 juin. Le CNLT qui salue l’audace de cette chaîne qui a ouvert ses ondes à tous les exclus des médias tunisiens, son attachement à la liberté d’expression et l’assure de son entière solidarité. Pour le Conseil
La porte-parole
Sihem bensedrine
C.R.L.D.H. Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
communiqué
LTDH : UN VERDICT SURREALISTE ET ABERRANT.
Outrepassant ses prérogatives, la Cour d’appel de Tunis prononce un jugement confus et contradictoire dans l’affaire de la LTDH. La mission arbitraire de l’administrateur judiciaire n’est pas renouvelée. Le Comité Directeur actuel, issu du 5ème congrès, se voit dénier toute légalité mais il lui est demandé, dans le même temps, d’organiser un nouveau congrès dans un délai d’un an !! A en juger par le brutal raidissement de ces derniers jours (cf. communiqué du CRLDHT), il est hasardeux de penser, dès à présent, que le verdict du 21 juin 2001 – qui constitue malgré les graves menaces qu’il recèle l’aveu d’un échec du pouvoir – puisse consacrer une sortie de crise viable et durable.
Au terme d’un marathon politico-judiciaire de plus de 7 mois, la Cour d’appel de Tunis a prononcé jeudi 21 juin son verdict dans l’affaire de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH). Ce jugement fera date dans les annales judiciaires en raison de sa confusion et de ses contradictions. Il confirme, s’il en était besoin la nature politique du bras de fer intenté par le pouvoir à la LTDH à l’issue de son 5ème congrès (octobre 2000) et de l’élection démocratique d’une direction résolument autonome. Il s’en était suivi une procédure judiciaire à tiroirs (référés, première instance et appel) qui procédait d’une véritable guerre d’usure à laquelle le Comité Directeur a fait face avec cohésion, détermination et esprit de responsabilité.
Le verdict du 21 juin s’articule autour de trois dispositions contradictoires :
· il confirme le jugement de première instance en réitérant explicitement la décision d’annulation des actes du dernier congrès, qu’il s’agisse des résolutions ou des instances qui en sont issues.
· il ne renouvelle pas la mission de l’administrateur judiciaire nommé, dans des conditions scandaleuses, par un jugement en référé en novembre 2000.
· il ordonne la tenue d’un nouveau congrès dans un délai d’un an et il en confie l’organisation au comité directeur actuel !
Cela signifie en clair que :
1 – le Comité Directeur actuel n’est pas légal aux yeux de la Cour d’appel.
2 – l’administrateur judiciaire céderait la place à l’actuel Comité directeur pourtant jugé illégal.
3 – de façon implicite, le Comité directeur devrait se contenter uniquement de gérer cette activité d’organisation. Le risque est grand que ce jugement ne soit interprété dans un sens totalement restrictif, les dirigeants de la Ligue se trouvant menacés de n’avoir d’autre activité que celle de l’organisation du congrès ordonné par la Cour d’appel.
On ne peut imaginer un verdict plus confus et plus contradictoire ! En réalité, la Cour d’appel a outrepassé ses prérogatives pour “ bricoler ” un document aux allures juridiques destiné à servir d’emballage à une décision politique arbitraire et velléitaire qui cache mal :
· l’embarras du pouvoir à sortir de l’impasse où il s’est fourvoyé.
· son acharnement à l’égard du Comité directeur légitime et démocratiquement élu qu’il ne peut éliminer mais auquel il tente de rogner les ailes et de tenir en otage, l’objectif étant d’utiliser le jugement de la Cour d’appel comme une épée de Damoclès destinée à intimider la Ligue.
· le désaveu infligé aux quatre plaignants à l’origine de la contestation de la légalité du 5ème congrès mais dont nul n’ignore qu’ils n’ont été dès le départ que des prête-noms et des comparses.
Dès le prononcé du jugement, Maître Mokhtar Trifi, le Président de la LDTH, joint par téléphone par l’agence “ Associated Press ” a considéré que le jugement de la Cour d’appel est “ contradictoire ” et qu’il “ dépasse ce que lui demandait la partie adverse ”. Aussi a-t-il annoncé l’intention de la Ligue de se pourvoir en cassation. Il s’est félicité, ce faisant, que la Direction de la Ligue puisse réintégrer ses locaux.
Elle le fera la tête haute en sa qualité de direction démocratiquement élue par un congrès légal. Son objectif sera de mener ses activités en intervenant, comme elle l’a fait depuis son élection, sur toutes les questions d’ordre national et international relatives à la protection et à la promotion des droits humains ainsi qu’aux plaintes et aux attentes des citoyens tunisiens. Ces activités et la gestion des questions d’organisation seront menées par le Comité directeur conformément aux décisions du 5ème congrès et aux dispositions des statuts et du règlement intérieur de la Ligue.
Le Comité directeur doit, en tout cas, se prononcer sur le verdict de la Cour d’appel le vendredi 22 juin après-midi.
Par delà les contorsions politico-juridiques et les aberrations d’une justice aux ordres, le véritable débat s’est situé, depuis l’amorce de la crise, sur ce terrain crucial qu’est l’autonomie de la ligue.
Face à la détermination et à l’esprit de responsabilité du Comité directeur de la LTDH dont l’audience nationale et internationale est aujourd’hui incontestable, l’Etat-RCD a multiplié les manœuvres, les rodomontades, les tracasseries et les mesures répressives et arbitraires. Tout cela a été vain et la réponse du Comité directeur au verdict aberrant du 21 juin place, une nouvelle fois, le pouvoir devant cette réalité qu’il feint de ne pas voir ou d’ignorer : la LTDH est une association autonome, son 5ème congrès est légal et légitime, son Comité directeur est déterminé à poursuivre ses activités, quoiqu’il en coûte, conformément aux objectifs de la Ligue, à ses statuts et à son règlement intérieur ainsi qu’aux décisions du 5ème congrès. C’est dans ces conditions que le Comité directeur réintégrerait le siège de la Ligue et qu’il y poursuivrait ses activités.
C’est en fonction de cette réalité que le pouvoir aurait, en définitive, à faire son choix : en finir avec son acharnement à briser la ligue, à défaut de la caporaliser, ou se lancer dans une nouvelle escalade aussi insensée que vaine.
A en juger par le brutal raidissement de ces derniers jours (cf. communiqué du CRLDHT), il est hasardeux de penser, dès à présent, que le verdict du 21 juin 2001 – qui constitue malgré les graves menaces qu’il recèle l’aveu d’un échec du pouvoir – puisse consacrer une sortie de crise viable et durable.
Paris, le 22 juin 2001.
Sadri Khiari Grève de la faim, 9ème jourCommuniqué
Grève de la faim, 9ème jour
J’ai cessé de m’alimenter le 14 juin dernier avec 3 de mes amis du RAID (Attac-Tunisie) pour exiger la restitution de nos passeports, injustement confisqués par le ministre de l’Intérieur, pour exprimer également notre solidarité avec tous les citoyens tunisiens victimes de ce même arbitraire en raison de leurs opinions ou tout simplement pour avoir déplu à un quelconque responsable destourien.
Le 16, nos passeports nous ont été restitués sauf que, en ce qui me concerne, le commissaire de police m’informe que je suis l’objet de poursuites judiciaires : la première affaire remonterait à mars 97 et la seconde à mars 2000. On ne m’en dira pas plus et j’ignore jusqu’à présent de quoi il en retourne. J’ignore de quel crime je suis suspect (ce qui, dans mon pays, aujourd’hui, est synonyme de coupable) ; j’ignore pourquoi, depuis tout ce temps, les autorités n’ont pas jugé bon de m’en avertir !
Pressentant une nouvelle entourloupe, j’ai décidé de poursuivre ma grève de la faim jusqu’à ce que j’ai l’assurance que ces affaires, déterrées ou fabriquées opportunément, ne soient le prétexte à une interdiction de quitter le territoire.
Le 19 Juin, passeport et visa en poche, je me suis présenté à la police des frontières à l’aéroport de Tunis-Carthage avec l’intention de me rendre à Paris. Là, ce qui était prévisible arriva. Après une fouille minutieuse de mes bagages et la confiscation illégale (ce qui, dans tous les pays, est synonyme de vol) d’une disquette contenant des documents en rapport avec la thèse que je dois soutenir à l’Université de Paris VIII, on me refoule en me signifiant une décision du doyen des juges d’instruction m’interdisant de voyager.
Je poursuis donc ma grève de la faim jusqu’à ce que cette interdiction, que rien ne justifie, soit levée et qu’on me permette de voyager librement pour je puisse, notamment, aller soutenir ma thèse.
Je ne peux conclure ce communiqué sans réitérer, une fois de plus, mon entière solidarité avec Hédi el Bejaoui, cet ancien prisonnier politique, en grève de la faim depuis plusieurs semaines et dont l’état de santé est désormais alarmant. Très malade, il exige – et j’exige avec lui – qu’on lui donne un passeport pour pouvoir aller suivre un traitement particulièrement délicat à l’étranger.
Sadri Khiari, Membre fondateur du CNLT et membre du Comité directeur du RAID (Attac-Tunisie)
Tunis, le 22/06/01
MAGHREB CONFIDENTIEL N° 514
Les “fréres ennemis” islamistes de londres
Avec la bienveillance des islamistes du Soudan, du Yemen et de la Malaisie – entre autres -, Hachemi El Hamdi, qui contrôle la chaîne de télévision El Mostequella depuis Londres – où les opposants tunisiens passent en “vedette américaine” avec un taux d’audience inégalé à Carthage – éclipse de plus en plus Rached Ghannouchi, le leader historique d’Ennadha, également réfugié dans la capitale britannique. Hachemi El Hamdi regrouperait désormais autour de lui des personnalités comme l’ancien Premier ministre Mohamed Mzali, Ahmed Kedidi, Slaheddine Jourchy, Mohamed Talbi…AIRBUS EN FAMILLE
Contrairement au Maroc et à l’Algérie, la Tunisie a toujours “voté” Airbus contre Boeing. Aussi le groupe européen prépare-t-il l’installation d’un bureau d’études dans ce pays “béni” avec l’embauche de 50 ingénieurs tunisiens qui travailleront sur la structure métallique des nouveaux avions. Message envoyé à tunisnews par un abonné en TunisieDe Nombreuses Arrestations Prévues Avant les J.M. de Tunis
1/Avec l’approche des Jeux Méditerranéens (Tunis, 02/09 à 15/09), de grandes mesures de sécurité sont attendues en Tunisie. Une grande campagne d’arrestations est supposée et concernera surtout:
* les Islamistes reconnus qui sont hors de prison et dont la plupart a déjà été condamnée à des périodes de prison au passé,
* les personnalités qui ont commencé à donner et publier des déclarations hostiles à Ben Ali, notamment ceux et celles qui ont été interviewés par “Almustakilah T.V “.
C’est une source journalistique, qui avait rencontré Ben Ali deux fois le mois dernier et qui est connue pour sa corruption et arrivisme, qui l’a rapporté à correspondant à Tunis.
2/ Il est aussi rapporté que Ben Ali a été terriblement énervé suite à la victoire de la liste indépendante aux élections du Barreau. C’est Me. Bechir ESSID qui a été élu Président de l’Ordre des Avocats Tunisiens suite à des élections qui ont vu pas moins de 150 (sur 250) avocats RCD ont voté pour la liste de Bechir ESSID.
La sœur et le beau-frère de Taoufik Ben Brik en procès
mise a jour – 22 juin 2001
Le procès de Saïda Ben Brik et son époux, Khemaïs Mejri, a été reporté pour le 29 septembre 2001
19 juin 2001
La sœur et le beau-frère de Taoufik Ben Brik en procès
Dans une lettre adressée au ministre de la Justice, Bechir Takkari, Reporters sans frontières a exprimé sa profonde inquiétude à la veille de l’ouverture du procès de Saïda Ben Brik et Khemaies Mejri, la sœur et le beau-frère de Taoufik Ben Brik. Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a demandé au ministre de “saisir les autorités compétentes afin que les poursuites judiciaires soient abandonnées”. “Une fois de plus, les autorités tunisiennes n’hésitent pas à s’en prendre aux proches de Taoufik Ben Brik pour le punir de ses déclarations ou de ses écrits. Ces pratiques sont lâches”, a-t-il déclaré. RSF a rappelé que le journaliste tunisien avait observé une grève de la faim durant 42 jours, en avril-mai 2000, afin de protester contre la confiscation de son passeport et les actes d’intimidations à l’égard de ses proches.
Selon les informations recueillies par RSF, le tribunal de première instance de Tunis a convoqué pour le 20 juin, Saïda Ben Brik, la sœur de Taoufik Ben Brik, pour répondre des chefs d’accusation de “violence mutuelle et participation à une altercation”. Son mari, Khemaies Mejri, est convoqué pour les mêmes faits ainsi que pour “atteinte aux bonnes mœurs” et “atteinte aux biens d’autrui et injures”. Ce procès intervient près d’un mois après la diffusion de l’émission “Le Grand Maghreb”, sur Al Mustaquilla (chaîne de télévision arabe, basée à Londres), au cours de laquelle Taoufik Ben Brik avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2004.
Le 11 octobre 1999, durant la campagne électorale pour l’élection présidentielle, Khemaies Mejri avait été agressé, en pleine rue et sans raison apparente, par un de ses voisins, Mohammed Chalghoum, un responsable du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD, au pouvoir). Le commissariat de Khaznadar, à Tunis, avait refusé d’enregistrer la plainte de la victime. Le lendemain, Khemaies Mejri avait été une nouvelle fois frappé, encore plus violemment, par le même homme qui s’en était également pris à son épouse, Saïda Ben Brik, et à leurs deux filles, Rim (12 ans) et Nour (7 ans). Une fois de plus, le dépôt de la plainte avait été refusé..
UN NOUVEL ARTICLE DE TAOUFIK BEN BRIK SUR LE SITE DE “COURRIER INTERNATIONAL”
http://www.courrierinternational.com/actual/aujourdhui_etranger.asp
Vive l’involution démocratique
Par Taoufik Ben BrikTaoufik Ben Brik (AFP) L’hiver 2001 a vu, avec la publication du samizdat L’Arc de la dignité, la radicalisation de la protestation et l’émergence d’une mouvance de gauche surréaliste dans une Tunisie sans couleur. Une gauche radicale. Celle qui campe sur une position non négociable. Une gauche qui plaide pour le collectif contre l’individualisme, pour la loi contre celle du plus fort, l’égalité contre les privilèges, pour le citoyen contre le client. Une gauche qui traque les tièdes, les mous, les hésitants, les parvenus. Une gauche qui croit encore à la révolution contre l’involution. Elle somme Ben Ali de déguerpir : “Treize ans, basta !”
Du côté du pouvoir, la répression s’est naturellement radicalisée. Tentative d’assassinat, chasse à l’homme, passage à tabac, siège des Communards du 6 février (lire la lettre ouverte à Jacques Chirac)… “On était à deux doigts de l’irrémédiable. ça aurait pu tourner au carnage !” dit Chawki Tabib, président de l’Association tunisienne des jeunes avocats (ATJA).
Personne ne voulait de cette tournure des événements. Ni le microcosme de l’opposition en charpie, peu enclin à la confrontation, ni les puissances protectrices soucieuses de l’image bon enfant de ce petit pays du Maghreb.
Vite. Il faut sauver Ben Ali de Ben Ali pour que son régime ne sombre pas dans une violence sanglante. “Car la dérive du pouvoir tunisien éclabousse ses protecteurs occidentaux et amène leur opinion publique à leur demander des comptes”, dit Héléné Flautre, députée européenne, vice présidente de la délégation Maghreb.
Lui tendre la perche ? Manifestement, il s’agit de pousser le résident de Carthage à opter pour un changement dans la continuité et de convaincre l’opinion publique que ce changement sans le changement est crédible. Il peut être porté par des bénalistes ou des figures de l’opposition bon teint et conciliants.
Pour cela, il faut, bien entendu, surtout ne plus parler de ce qui doit changer vraiment : la corruption, le système policier, la torture généralisée, les procès pipés, l’omerta, la dépendance de toutes les institutions…
Désormais, les sujets abordés, le ton utilisé, les arguments avancés doivent affermir et promouvoir la certitude que la Tunisie est, avant tout, un pays ordinaire, banal. Y a-t-il une crise entre le pouvoir et la société ? Quel pouvoir n’y est pas confronté ? Une jeunesse désabusée ? N’est ce pas le lot de toutes les jeunesses de la Terre ? Des intellectuels militants frustrés qui redressent la tête ? N’est ce pas le rôle de ces figures médiatiques, à l’image du docteur Moncef Marzouki et consorts, de dénoncer et de faire appel aux valeurs universelles ?
Et les formes de persécution les plus rebutantes sont des “bavures isolées” : filature, privation de passeport, coupure de ligne téléphonique… Toutefois, pour faire sérieux, on admet que ces exactions sont contre-productives. Ce qui est une manière de valider les buts tout en récusant uniquement l’usage abusif des moyens. En somme, il faut faire croire que le carcan est plus bête que méchant et ceux qui ne peuvent pas le contourner ou s’y adapter, plus méchants qu’intelligents. Et pour parfaire l’acte de réhabilitation de Ben Ali, on s’attarde longtemps sur ses embellies : libération de l’avocat Néjib Hosni, “tandis que le ministre des Droits de l’homme, Slaheddine Mouaoui, s’efforce de faire bouger les choses” (sic).
L’infra-message ne manque pas de sel : la répression, assure-t-on, touche peu de monde (une poignée d’intellectuels peu connus de la population). Elle est donc plus maladroite que caractéristique du régime. Elle appelle un ajustement tactique, une gestion plus souple, plutôt qu’une remise en cause radicale. D’autant que la population est préoccupée du quotidien et du pain. Elle n’en a cure des aspirations sociales et politiques. Elle ne subit donc pas les affres du régime policier et répressif intentionnellement décrié. En définitive, pas de révolution à l’orée. Une révolution de palais suffira.
Allons plus loin : Ben Ali serait, paraît-il, partagé entre les clans qui s’affrontent sur la politique à mener. Il n’aurait pas encore tranché. Ce serait donc un homme réfléchi, capable d’apprécier les enjeux de la situation et disposant de ressources internes pour se rénover de l’intérieur. Branle-bas de combat pour présenter en toute complicité un semblant de changement : un exercice que les dictateurs pratiquent sans joie mais couramment. Car cette alternance truquée peut être une brèche dont Ben Ali en personne ne connaît pas l’issue.
Ce qui est sûr, c’est que la gauche sera certainement écartée de ce processus, tant les pressions extérieures seront fortes pour garantir un pouvoir acquis aux intérêts du libre-échange et conforme au rôle de partenaire docile assigné à la Tunisie dans la géopolitique internationale.
Toutefois, la gauche a, aujourd’hui, un espace potentiel plus large. Saura-t-elle l’occuper ? En se situant sur les droits fondamentaux, individuels et collectifs, sur la constitution d’une démocratie vivante, de valeurs partagées et de lois communes, elle peut mieux s’ancrer dans la population et le paysage politique. L’enjeu n’est pas de choisir un porte-drapeau et de faire gagner son écurie. L’enjeu est de définir démocratiquement le terrain commun sur lequel, dorénavant, devront s’affronter les différentes manières de voir. L’appel au lancement d’une Convention nationale, décentralisée, pluraliste, non sectaire, serait sans aucun doute opportun. Mais qui est en situation d’assurer sa reconnaissance, de garantir son pluralisme politique, la diversité des acteurs et son ancrage populaire ?
Taoufik Ben Brik
الدكتور منصف المرزوقي – حوار خاص
ليس عندنا في تونس تدرج ديمقراطي بل تدرج نحو إلغاء الحقوق ومصادرة الحريات
أنا مستعد لدخول السجن واعتقال مواعدة يكشف عمق أزمة النظام التونسي
áäدن/ الدكتور منصف المرزوقي – حوار خاص
الخميس 21 حزيران (يونيو) 2001 (11 : 11 ت غ)
ليس عندنا في تونس تدرج ديمقراطي بل تدرج نحو إلغاء الحقوق ومصادرة الحريات
الدكتور المرزوقي: أنا مستعد لدخول السجن واعتقال مواعدة يكشف عمق أزمة النظام التونسي
لندن – من نور الدين العويديدي – قدس برس
أعلن قيادي بارز في المعارضة التونسية الداخلية استعداده لدخول السجن دفاعا عن أفكاره وآرائه الناقدة للأوضاع السياسية التونسية. وقال الدكتور منصف المرزوقي الرئيس الأسبق للرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الإنسان والرئيس السابق للمجلس الوطني للحريات بتونس, إنه مستعد لدخول السجن في أي وقت, وأنه على أتم الاستعداد لدفع الضريبة المطلوبة.
وشدد الدكتور المرزوقي في حوار مع وكالة “قدس برس” على أنه يعرف ماذا يفعل, وأنه يتوقع أن تأتيه “فاتورة” عمله المعارض في أي وقت. وقال “أنا جاهز لكل شيء.. جاهز لكل الاحتمالات”. وأضاف “عندما تمارس أبسط حق من حقوقك, وهو حق التعبير الحر, ويكون النظام غير راض عنه, فهذا يستوجب العقاب, ونحن دائما عندما نمارس حقوقنا المشروعة نتوقع أن يرسلوا لنا الفاتورة, ونحن جاهزون لها”.
وأكد المرزوقي سعيه لتأسيس حزب معارض جديد, ملمحا إلى أنه سيكون أداته السياسية لخوض الانتخابات الرئاسية في تونس عام 2004, داعيا الرئيس التونسي زين العابدين بن علي إلى عدم الترشح في هذه الانتخابات, انسجاما مع الدستور, الذي يمنعه من الترشح لدورة رئاسية رابعة, بعد إنهاء دوراته الثلاث في عام 2004.
وحين سئل هل يأتي الإعداد لإعلانكم تأسيس هذا الحزب في إطار سعيكم للترشح للانتخابات الرئاسية القادمة¿, قال الدكتور المرزوقي “بالنسبة لي انتخابات 2004 ليست إلا محطة من المحطات”, مشيرا إلى أن همه ليس فقط أن يصبح رئيسا لتونس, ولكن أن يبادر إلى إصلاح مختلف الأوضاع, التي أفسدها النظام التونسي الحالي, بحسب قوله.
واعتبر المرزوقي أن اعتقال الدكتور محمد مواعدة رئيس حركة الديمقراطيين الاشتراكيين يوم الثلاثاء الماضي, يأتي في إطار أزمة عامة يعاني منها النظام التونسي. وقال إن النظام وصلته رسائل شعبية مضمونة الوصول, تكشف مدى سخط التونسيين على الوضع, فبادر إلى شن حملة على المعارضة التونسية.
وشدد المرزوقي على أن الحل للأزمة التي تعاني منها تونس “هو النقاش مع المجتمع المدني.. هو فتح الأبواب”.. لكنه استدرك بأن السلطة التونسية لا تسير في هذا الخيار, وتفضل “السير في الطريق المعاكس”, بقمع المعارضة والسيطرة على مؤسسات المجتمع المدني وكبت الإعلام, بحسب زعمه.
وحين ووجه بأن المعارضة التونسية لا تقبل السير المتدرج نحو الديمقراطية, بما يراعي الأوضاع التونسية, شدد المرزوقي على أن هناك تدرجا في تونس, ولكنه التدرج الذي يلغي الحريات ويصادر الحقوق, ويكبت المعارضات.
وقال “كانت عندنا حريات, وكانت عندنا حقوق, وكانت عندنا مؤسسات.. التدرج ذهب بالعكس.. الناس كانوا ينتظرون التدرج في اتجاه ترسيخ الحقوق والحريات, ولكن ما حصل كان بالعكس.. ورويدا رويدا تم التنكر لكل الحقوق والحريات”. وأضاف “كان لدينا قليل من حرية الصحافة في الثمانينيات انتهت.. كان هناك بعض الجمعيات المستقلة, فتم خنقها والتضييق عليها.. التدرج حصل في الاتجاه المعاكس, وهذا نسير فيه كل يوم, لتعميق الأزمة, وتعميق الدكتاتورية, وتعميق الفساد.. هذا هو التدرج الذي نسير عليه في تونس!! ولم يحصل مطلقا التدرج في الاتجاه الديمقراطي”, بحسب قوله.
وفي ما يلي نص الحوار مع الدكتور منصف المرزوقي:
* في أي إطار يأتي اعتقال الدكتور محمد مواعدة رئيس حركة الديمقراطيين الاشتراكيين¿
– في إطار الأزمة العامة للنظام التونسي.. النظام وصلته هذا العام جملة من الرسائل المضمونة الوصول: رسالة الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الإنسان, بانتخاب هيئة مديرة مستقلة, ثم جاءته رسالة مضمونة الوصول ببداية أعمال المؤتمر الوطني الديمقراطي, الذي حاولت السلطة التونسية كسر اجتماعاته, التي بدأت في 10 كانون أول (ديسمبر) 2000, ثم رسالة مضمونة الوصول أخرى, هي انهيار الإعلام الرسمي وظهور إعلام تونسي خارج تونس, يقبل عليه الناس.. وكان من المفروض أن يفهم النظام لماذا يقبل النظام على مشاهدة تلفزيون “المستقلة”¿. والرسالة الرابعة المضمونة الوصول هي الرسالة الأخيرة ممثلة في نتائج انتخابات عمادة المحامين, فرغم كل الجهود والأموال الطائلة, التي بذلوها, اتضح أن الأموال والجهود لم تعد تكفي ولا تنفع, وفاز الأخ البشير الصيد بمنصب عميد المحامين, وهو أحد كبار الديمقراطيين في تونس.
هناك جو نفسي مؤثر جدا في تونس, فالشعب الذي “ضرب بعصا الذل”, بدأ اليوم يرفع رأسه, وبدأ يتكلم ويناقش, وأظهر وعيا عاليا, والشعارات التي أطلقناها في مجلس الحريات, وهي: “لا خوف بعد اليوم”, æ”ارفعوا رؤوسكم عاليا”, æ”لا تطالبوا بحقوقكم بل مارسوها”.. هذا كله بدأ يغير الأوضاع شيئا فشيئا. وبدلا من أن يرى النظام أن الوضع تغير, وليس فقط الوضع الداخلي, وإنما أيضا الوضع الخارجي.. إلخ.. الجزائر اليوم تتطور نحو نظام ديمقراطي بالقوة, ووقع تطور نحو نظام ديمقراطي بصفة سلمية في المغرب, فضلا عن دور الرأي العام العالمي.. بدلا من أن يأخذ النظام كل هذه الأشياء بعين الاعتبار اتجه نحو مزيد من الانغلاق.
ما هو الحل الآن¿.. الحل هو النقاش مع المجتمع المدني.. هو فتح الأبواب.. هذه هي السياسة, التي من المفروض أن تمشي فيها السلطة.. النظام أمام ما يتصوره من تعاظم الأخطار عليه, اختار السير في الطريق المقابل.. يجب أن نعيد الإعلام إلى ما كان عليه. ونعيد البوتقة الإعلامية. وأن نكسر الرابطة ونفتكها من جديد. وأن نبحث عن كيفية لمواجهة المحامين.. باختصار نتصدى لهذه “الموجة”.
* لكن كلامكم هذا ليس جديدا.. والسؤال لماذا الآن¿ لماذا اعتقل مواعدة يوم الثلاثاء الماضي¿.. كان متوقعا اعتقاله قبل أشهر, فلماذا تم هذا في هذا الوقت بالتحديد¿ ما الذي حصل فوقع الاعتقال¿
– المسألة مزاجية.. كلمة قيلت في تلفزيون “المستقلة”.. السياسة عندنا في تونس تخضع للمزاج أكثر مما تخضع للتخطيط وللعقلانية. إذن هناك أزمة عامة للنظام, هي أزمة مصداقية, وأزمة صورة, ولكي نحلّها لا بد أن نعقّدها!!.. اعتقال محمد مواعدة أو إدخالي أنا السجن سيعمق الأزمة.. أزمة الصورة, وأزمة المصداقية, وأزمة الغضب الشعبي العارم, ولن يحلّها.
أنا قلت إن هذا نظام لا يُصلح, لأن العاقل يتعض من التجارب, وهذا لا يتعض.. نعيد تكرار نفس الأخطاء. والسؤال ما الذي أوصل النظام إلى المأزق الحالي, الذي يعاني منه¿.. أليس هو اعتقال مواعدة من قبل, واعتقال المرزوقي, واعتقال نجيب الحسني, والناس والإعلام يتكلمون عن ذلك.. ونحن سنعيد الدخول مجددا في نفس الدوامة..
* إذن إلى أين يمكن أن يصل هذا الوضع بالبلاد¿ المعارضة ترفع صوتها أكثر فأكثر, والسلطة تريد إسكاتها.. وماذا بعد¿
– الشيء الثابت أن المعارضة والمجتمع المدني هي اليوم أشبه بذلك العملاق, الذي يستفيق رويدا رويدا, يتمطى ويرفع عن نفسه العجز والكسل.. الوعي يتزايد, والإعلام ينتشر, والمؤسسات تعمل, وهذا من طبيعة الأمور, ومن طبيعة البشر, وهم ما عندهم إلا القمع.. قمع.. قمع.. قمع.. ولذلك فهذا هو الوجه الحقيقي للمعركة.
لا يوجد في الدنيا شعب يمكنه أن يقبل هذا الوضع, الذي نعيشه في تونس.. الظلم وصل إلى درجة لا نظير لها, والفساد بلغ درجة لا نظير لها, والاستبلاه الإعلامي كذلك.. باختصار الوضعية شاذة, ولا يمكن أن تتواصل. السلطة تريد تأخير فترة حل المشاكل.. هم يحاولون, ولكن بالعكس فكل شيء يقومون به إلا ويعود وبالا عليهم.
* عفوا ولكن أنتم متهمون بأنكم لا ترضون بالقليل, وأن الرئيس ابن علي وعد في أكثر من مرة بإجراءات انفتاحية, ولكن بشكل متدرج, يراعي أوضاع البلاد, حتى لا تقع كارثة.. فلماذا لا تقبلون ذلك¿
– هذا الكلام نسمعه منذ عشرة أعوام, والشيء الذي عرفناه بشكل متدرج هو تناقص الحريات. كانت عندنا حريات, وكانت عندنا حقوق, وكانت عندنا مؤسسات.. التدرج ذهب بالعكس.. الناس كانوا ينتظرون التدرج في اتجاه ترسيخ الحقوق والحريات, ولكن ما حصل كان بالعكس.. ورويدا رويدا تم التنكر لكل الحقوق والحريات.
كان لدينا قليل من حرية الصحافة في الثمانينيات انتهت.. كان هناك بعض الجمعيات المستقلة, فتم خنقها والتضييق عليها.. التدرج حصل في الاتجاه المعاكس, وهذا نسير فيه كل يوم, لتعميق الأزمة, وتعميق الدكتاتورية, وتعميق الفساد.. هذا هو التدرج الذي نسير عليه في تونس!! ولم يحصل مطلقا التدرج في الاتجاه الديمقراطي.. لم يحصل هذا أبدا.. أقول هذا لم يحصل بتاتا, اللهم إلا على صعيد الكلام, أما في التطبيق فكان التدرج دائما وأبدا من سيء إلى أسوأ, ومن فاسد إلى أفسد..
* أنتم أعلنتم أنكم تستعدون لإشهار حزب يوم الأحد القادم..
– … لا لم نحدد وقتا.. المشروع موجود منذ مدة, وأنا فضلت أن يأخذ المشروع وقته, وأن تجري الاستشارة بشكل واسع, بحيث تشمل أكبر عدد من الإخوان. العملية الأخيرة (يعني محاكمته هو شخصيا) هدفها كسر هذا المشروع, لكن هذا المشروع سيتواصل بحضوري أو في غيابي.. سيتواصل سواء كنت داخل السجن أو خارجه.
* هل تعنون أن طلبكم للمحاكمة غرضه اعتقالكم, وبالتالي السعي لإجهاض المشروع¿
– نعم هذا ما أعني, وليس لي تفسير آخر للمسألة. نعم عندما تمارس أبسط حق من حقوقك وهو حق التعبير الحر, ويكون النظام غير راض عنه, فهذا يستوجب العقاب, ونحن دائما عندما نمارس حقوقنا المشروعة نتوقع أن يرسلوا لنا الفاتورة. والأمر الثاني الذي يسيطر على السلطة هو إقامة الحزب, وخاصة الهاجس الأكبر هو هاجس انتخابات عام 2004..
كل ما يشتم منه مطالبة بتطبيق الدستور, ورفض التجديد لابن علي في عام 2004.. كل هذا ستحاول السلطة بطريقة أو بأخرى تصفيته سياسيا.. يجب أن لا ننسى الهاجس الأكبر اليوم لدى السلطة هو موضوع انتخابات 2004, وهم يرتبون أنفسهم, كما قال أحدهم, لما بعد 2010 و2020 و2050.. الخ.
* ولكن هل نفهم منكم أن مشروع هذا الحزب هو إعداد مسبق منكم للترشح لانتخابات 2004¿
– بالنسبة لي, وهنا يخطئ كثير من الناس, فـ2004 ليس إلا محطة من المحطات. اليوم الإشكالات الكبرى في تونس هي إعادة البناء, وإعادة الهيكلة.. إعادة بناء الجهاز السياسي, وإعادة بناء كل المؤسسة, التي تم تخريبها: التعليم والقضاء.. الخ.. هذا هو المشروع. وفي هذا الإطار فـ2004 ليست إلا معركة من المعارك, لأنه حتى لو صارت انتخابات 2004 كما نريد, وعرفت تونس نظاما ديمقراطيا, فالناس لا يتصورون ما هي الملفات, التي تنتظرها البلاد بعد 2004.
خراب المؤسسات وصل اليوم إلى درجة منقطعة النظير.. بلادنا مزينة من الخارج, لكن من الداخل كل الملفات سواء ملف التعليم, أو ملف القضاء, أو ملف الشغل, أو ملف البطالة.. كل هذه ملفات رهيبة, وبالغة التعقيد. وأي حركة سياسية تحترم نفسها لا يمكنها أن تقول أنا عندي شخص أريد أن أجعله رئيسا للجمهورية.. وإنما تقول: هذه هي مشكلات البلاد, وهذا هو الشيء الواجب أن نقوم به حتى نؤمن مستقبل أبنائنا, الذين هم في عمر 10 أعوام وما دون ذلك, حتى لا يعيشوا أوضاعا كتلك التي في روسيا الآن.
أنت تعرف أن الأزمة, التي يتخبط فيها الشعب الروسي اليوم هي إرث الدكتاتورية السابقة.. نحن وأي حركة سياسية تحترم نفسها يجب أن تفكر, لأن هؤلاء الناس (يقصد النظام) لا يفكرون.. تفكر في البدائل في كل المستويات.. هذا هو المطروح.. و2004 وما بعدها هي مجرد معارك سياسية, لا أقول إنه ليس لها أهمية, ولكن هي مجرد محطات.. افترض أننا ربحنا معركة 2004 فالتحديات ستتواصل, أو لنفترض أنهم هم الذين ربحوا, فالمشكلات ستتواصل وستتعمق.. وإذن ليس هذا هو جوهر الموضوع.
* هل أفهم من قولكم أنكم تعولون كثيرا على أن تكون انتخابات 2004 انتخابات ديمقراطية¿
– هذا يتعلق بما سيفعله الشعب التونسي خلال السنوات الثلاث القادمة.. أنا عندي إيمان كامل بقدرات الشعب التونسي, وأنا أسميه المارد النائم بعين واحدة, لأن الناس تعرف كل شيء, وتتحدث في كل ما يحصل في المقاهي, وفي الأسواق, وفي سيارات التاكسي, وفي كل مكان, وإقبالهم الشديد على تلفزيون “المستقلة”, هو الذي أخرج النظام من عقله, وهو دليل على وعي التونسيين وتعطشهم للمعرفة وللمعلومات. الشعب ينظر ويقيس ويتطور, وتشعر أن الشباب واع بأن مشكلاته تتعمق مع الأيام, في ظل النظام الحالي, وأنه لا يوجد هناك حل فردي.
أنا اليوم التقيت مع شاب في القطار أثناء عودتي من العاصمة إلى مدينة سوسة, فقال لي كنا في الماضي نعول على آبائنا وأمهاتنا, وكنا نعول على أن يحل كل واحد منا مشكلاته الفردية, وهذا الشاب يدرس في قسم الاقتصاد والاجتماع, وقال الآن صرنا نعرف أن عام 2006 سيكون عاما رهيبا من ناحية بطالة الشباب.
والملخص أن هناك وعيا متناميا لدى الشارع التونسي.. بدأ الناس يفكرون, وأنا أعول كثيرا على مثل هذا الوعي, أن يفرض نفسه في الساحة, سواء شاءت الحكومة أم أبت.
* ولكن في المقابل يلاحظ أن النخبة, التي يفترض أن تقود هذا الشارع, الذي تتحدثون عن تنامي وعيه هي نخبة ممزقة, وصراعاتها بينها كثيرة.. أليس الأمر كذلك¿
– ماذا تعني بنخبة¿ وماذا تعني بممزقة¿ الناس الذي يتكلمون ويظهرون في الفضائيات ويعرفهم الناس هم مجرد أصوات تعبر عن ما يختلج في صدور الشعب.. أنا من أين أستمد قيمتي¿.. أنا أعبر عن رأي أغلبية ساحقة من الشعب.. النخبة, أو ما تسميه أنت بالنخبة, هي في الواقع مجرد صدى لما يعتمل داخل الشعب.
أما في قضية أن النخبة ممزقة, فأنت تجد في أي حركات سياسية تنوعا واختلافا.. والحركة السياسية في تونس فيها هذا التنوع وهذا الاختلاف, ولكن مع هذا, فما تحقق طيلة سنوات القمع الماضية, وهي سنوات رهيبة.. لا تنسى هذا!!.. نحن كنا ومازلنا نعيش في ظل نظام بوليسي لا يسمح بأي شيء: الهاتف مراقب, والمعارضة ملاحقة في كل مكان.. باختصار ظروف عمل صعبة جدا..
ومع هذا استطاعت هذه النخبة الممزقة, كما تقول أنت, أن ترفع شعارات, وأن تدافع عن حقوق الناس, وأن تبني مؤسسات بعد أن تحطمت تلك المؤسسات.. أنظر الآن العمال يحاولون بناء كونفيدرالية للشغل, والكتاب يحاولون بناء اتحاد كتاب جديد.. وهناك جمعية للتنمية البديلة تمارس شغلها وواجبها.. هناك مجتمع حي, وهذا هو الشغل المطلوب, والنخبة السياسية في الوقت الحاضر تتبع هذا الحراك, ولكن في الوقت القادم ستكون جزء من عملية التغيير, وتقود هذه العملية إن شاء الله.
* في النهاية هل تتوقعون اعتقالكم يوم السبت القادم¿
– أنا جاهز لكل شيء.. وكما يقال اعمل لدنياك كأنك تعيش أبدا, واعمل لآخرتك كأنك تموت غدا.. أنا جاهز لكل شيء.. جاهز لكل الاحتمالات.
التجمع الاشتراكي التونسي يعقد مؤتمره الثالث
(al hayat du 22-06-2001 )
تونس – الحياة -يبدأ حزب التجمع الاشتراكي التونسي المعارض بزعامة المحامي أحمد نجيب الشابي اليوم أعمال مؤتمره العام الثالث في العاصمة تونس¡ في حضور وفود حزبية من المغرب والجزائر وسورية وفلسطين واليمن.
ويعتبر الاشتراكي الذي تأسس العام 1983 الحزب الشرعي الوحيد غير الممثل في مجلس النواب¡ وهو التزم خطاً نقدياً إزاء الحكم طيلة التسعينات¡ مما أدي الي قطيعة استمرت أكثر من عشر سنوات. ولوحظ أن لقاءات بين مسؤولين حكوميين وقياديين في الحزب في وقت سابق من العام الجاري أدت الي كسر الجليد ومعاودة الحوار السياسي¡ ومعاودة صدور صحيفة الحزب الموقف والتي كانت صحيفة المعارضة الوحيدة المتوافرة في الأكشاك قبل أن يعاود أخيراً حزب الوحدة الشعبية اصدار صحيفته الوحدة .
ويتوقع أن يكرس المؤتمر الذي يستمر ثلاثة أيام ادماج تيارات ومجموعات سياسية يسارية وقومية واسلامية مستنيرة في الحزب الذي سيغير اسمه علي نحو يكرس استبدال الاشتراكية بالديموقراطية. وكان انضم الي التجمع الاشتراكي قبل أكثر من عام الليبرالي المعروف الشـاذلي زويتن وعنـاصر كانت نشطة في تجربة مجلة الفكر الاسلامي المسـتقبلي 15 – 21 رمزاً للقرنين الجديدين الهجري والميلادي التي قادها الكاتبان احمــيدة النيفر وصلاح الدين الجورشي¡ وعناصر أخري كانت تعمل في اطار حزب العمال الشيوعي المحظور. وقال الشابي في تصريحات أدلي بها أمس ان المؤتمر سيفرز حزباً ديموقراطياً كبيراً يجمع تيارات مختلفة ويقطع مع تجربة الأحزاب الايديولوجية لأن تونس تحتاج الي حزب يوحد القوي ويطرح بديلاً ديموقراطياً
أزمة رابطة حقوق الإنسان في تونس
تم آخر تحديث في الساعة12:06 بتوقيت جرينتش
إشادة بجهود بن علي في الاقتصاد وإنتقادات في حقوق الإنسان
أصدرت محكمة في تونس حكما جاء فيه أن رابطة حقوق الإنسان التونسية المعترف بها شرعيا يجب أن تعقد مؤتمرها في غضون عام واحد لانتخاب قيادة جديدة
وكان نتيجة الانتخابات السابقة قد أبطلت بسبب ما أثير حول إجراءاتها ويقول مراسلنا في شمال أفريقيا إن الحكومة التونسية تعتبرها إجراءات خطيرة للغاية
بداية المشكلة
وكانت مشكلة الرابطة قد ظهرت عندما أجريت انتخابات داخلية بها في شهر أكتوبر/ تشرين أول الماضي حيث تم اختيار قيادة أكثر إيجابية لتعكس ما سمته حالة العصيان العام في أوساط المجتمع المدني التونسي تجاه قمع السلطات
إلا أن محكمة تونسية ألغت نتائج الانتخابات في حينه¡ وناشدت منظمة مراقبة حقوق الإنسان الاتحاد الأوروبي وفرنسا¡ التي ترتبط بعلاقات قوية مع تونس¡ بمراقبة القضية التي تقول إنها تمثل مؤشرا على أوضاع جميع العاملين في مجال حقوق الإنسان في تونس
وقالت إن الشرطة منعت عقد اجتماعات لجمعيات حقوق الإنسان¡ و إن أفرادها تعرضوا لاعتداءات بالضرب كما صودرت جوازات سفرهم وقطعت خطوط الهاتف الخاصة بهم
وقال مراسلنا أن هذه القضية ينظر إليها الآن كجزء من الصراع الشديد الدائر بين أنصار وخصوم الرئيس زين العابدين بن علي الذي يلقي الثناء لما حققه في مجال تنمية الاقتصاد التونسي بينما يواجه التنديد في ما يتعلق بحقوق الإنسان
(source:site de la BBC en arabe)
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