Pour sauver la Tunisie
Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe 1 rue Cassini – 75014 Paris email : mondher.sfar@club-internet.fr Communiqué Suite à la déclaration de Béji Caid Essebsi du 18 juillet 2011: Pour sauver notre pays, exigeons un Gouvernement d'union nationale. La situation de notre pays se dégrade de jour en jour et ce sur tous les plans. C'est la conséquence logique de l'erreur que constitue l'acceptation du principe des élections, comme si un pays en ruine a besoin de « choisir » ses dirigeants, a
- 19 يوليو 2011
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- الحوار نت
Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe
1 rue Cassini – 75014 Paris email : mondher.sfar@club-internet.fr
Communiqué
Suite à la déclaration de Béji Caid Essebsi du 18 juillet 2011:
Pour sauver notre pays,
exigeons un Gouvernement d'union nationale.
La situation de notre pays se dégrade de jour en jour et ce sur tous les plans. C'est la conséquence logique de l'erreur que constitue l'acceptation du principe des élections, comme si un pays en ruine a besoin de « choisir » ses dirigeants, alors qu'il a choisi le régime pour lequel il a tant sacrifié, celui de la dignité et de l'union nationale pour la reconstruction du pays avec toutes les composantes de la société, hormis évidemment les partis et les hommes responsables de la ruine du pays et des crimes contre le peuple.
De toute évidence les élections ne répondent en rien aux attentes pressantes du pays. Pire encore, elles ne peuvent qu'engendrer un processus de compétition et de luttes qui ont déjà fini par mettre à mal notre unité populaire qui s'est forgée dans notre lutte contre la dictature. Autant dire que le projet électoral a vidé la révolution de son acquis le plus précieux. Plus encore, il a détourné la classe politique des tâches urgentes qui lui incombaient: rétablir la confiance dans le coeur et l'esprit du peuple, mettre au point les mesures nécessaires pour mobiliser le peuple en vue de préservation de la sécurité publique et des biens des citoyens suite à l'effondrement de l'appareil policier. Du coup il y a eu un vide politique. Sans parler de l'absence de plan d'urgence pour faire redémarrer la machine économique et surtout pour sauver le tourisme à côté d'autres secteurs vitaux. Aucun plan pour réformer le corps judiciaire et libérer les médias pour qu'ils contribuent aux tâches urgentes des réformes.
Ce sont là des mesures simples que les partis politiques auraient dû et pu exiger immédiatement du Gouvernement, mais hélas ils se sont occupés d'autre chose, comme Béji Caid Essebsi le leur a reproché lui-même dans sa déclaration d'aujourd'hui.
Le Premier ministre est pourtant mal placé pour donner des leçons à l'opposition, lui qui a verrouillé le jeu politique, et imposé un pouvoir sans partage, et ses promesses de quitter le pouvoir le jour des élections de l'Assemblée constitutionnelle ne changent rien à la réalité de son pouvoir non démocratique.
Le pays va continuer à sombrer dans le chaos et notre peuple à souffrir de plus en plus tant qu'un programme d'urgence ne soit pas défini et mis en oeuvre, et il ne pourra être ni défini ni mis en oeuvre en l'absence des partis politiques qui se sont mis actuellement eux-mêmes en hors jeu par manque de confiance en soi et par manque de lucidité politique.
Aujourd'hui, c'est le pays qui les appelle au secours. Ils ne peuvent continuer à pratiquer la politique d'autruche, et ignorer la détresse du peuple et les périls qui nous menacent tous.
Aujourd'hui, l'avenir du pays est déjà entre leurs mains. Ils peuvent demander la consttution d'un gouvernement de salut national réunissant toutes les sensiblités politiques, et surtout avec un esprit sincère de sauver notre pays, et de raviver l'esprit généreux et fraternel de notre chère révolution qui a matérialisé l'unité du peuple au moment du péril.
Si le Premier ministre a raison d'appeler les partis politiques à s'occuper du pays et des problèmes qui se posent, il aurait dû s'il était conséquent, les convoquer pour faire le point ensemble sur les urgences. Mais il préfère les tenir éloignés du pouvoir, parce qu'il ne conçoit le pouvoir que sur le modèle du passé. Il ne lui sert à rien de promettre de quitter le pouvoir au lendemain des élections s'il est incapable d'associer pour les trois mois qui lui restent au pouvoir des représentants de l'opposition pour sauver le pays d'un péril et de menaces qui s'amplifient de jour en jour.
De toute évidence, Béji Caid Essebsi a des idées derrière la tête autres que quitter le pouvoir dans les délais prévus.
La balle est aujourd'hui entre les mains de l'opposition qui doit exiger sa participation à un gouvernement d'union nationale et de salut public pour définir et réaliser les réformes urgentes dont le pays a le plus besoin. Il y va du sort de notre Révolution, mais aussi du sort de notre pays et notre peuple.
Le 18 juillet 2011.
Abdelaziz Agoubi, Lyon.
Mondher Sfar, Paris.