NE SOYEZ PAS DUPES, SOYEZ VIGILANTS:Neji JMAL
NE SOYEZ PAS DUPES, SOYEZ VIGILANTS Par Neji JMAL Par l’ampleur et le détour qu’ils ont pris, les évènements stupéfiants et sanglants qui secouent la Tunisie ont bouleversé la donne et poussé chaque partie à revoir sa stratégie. Plusieurs observateurs connaisseurs de l’histoire politique de la Tunisie avancent prudemment, que les puissances étrangères, qui malheureusement avaient l’habitude d’avoir le dernier mot dans tout changement politique significatif en Tunisie, commencent à prendre de la
- 12 يناير 2011
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- الحوار نت
NE SOYEZ PAS DUPES, SOYEZ VIGILANTS
Par Neji JMAL
Par l’ampleur et le détour qu’ils ont pris, les évènements stupéfiants et sanglants qui secouent la Tunisie ont bouleversé la donne et poussé chaque partie à revoir sa stratégie. Plusieurs observateurs connaisseurs de l’histoire politique de la Tunisie avancent prudemment, que les puissances étrangères, qui malheureusement avaient l’habitude d’avoir le dernier mot dans tout changement politique significatif en Tunisie, commencent à prendre de la distance d’un régime aux abois, et réfléchissent, à la place des intéressés, à son successeur ! Il semble que leurs cellules dormantes furent réveillées.
Le fait que ces pays cherchent à préserver leurs propres intérêts est légitimes ; à condition qu’ils ne soient pas au détriment de ceux des Tunisiens. La Tunisie est condamnée, par son histoire et sa géographie, à avoir de bonnes relations avec ces pays. Aucun parti politique tunisien, à mon humble avis, ne mettra en cause cette réalité. Tout ce que les tunisiens exigent c’est d’être maîtres de leur destin. A eux et à eux seuls de choisir ceux qui les gouvernent. Qu’avons-nous fait pour garantir cette indépendance ?
Durant presque un quart de siècle, les tunisiens et les tunisiennes, toutes tendances confondues, ont souffert de la dictature du général Ben Ali. Les dernières victimes innocentes de la sauvagerie de ce régime corrompu ne font que corroborer ce que les tunisiens et surtout ces pays protecteurs savaient. Le peuple tunisien a payé, et il continue à payer cher l’abandon de sa souveraineté. Il a laissé par laxisme, les autres forces étrangères et oligarchiques, décider à sa place. Personne ne lui a demandé son avis pour éjecter Bourguiba et désigner le général.
Ceux qui ont usurpé le droit légitime de ce peuple pacifique ont du sang sur leurs mains, ont-ils le courage de reconnaitre leur faute et d’assumer leur responsabilité, en aidant ou du moins, en laissant les tunisiens sortir de cette impasse honorablement ?
Nous ne devons pas attendre le réveil de leurs consciences. Nous avons l’obligation morale de réagir vite. La Tunisie brûle, le sang coule et les égoïstes complotent. Que pouvons-nous faire pour éviter un cycle de promesses non tenues ? Sommes-nous disposés à applaudir de nouveau un sauveur nocturne, civil ou militaire, et condamner nos aspirations tant payées à jamais ?
Je ne suis pas le mieux placé pour tracer une feuille de route pour que cette intifada atteigne ses objectifs. Mais l’histoire m’a appris une loi : les contestations, l’insurrection, la révolution (peu importe le terme) n’éteindront leurs objectifs que lorsqu’elles sont encadrées, organisées et structurées. Faute de quoi, le pire peut arriver. Indépendamment de l’issue des évènements, une chose est sûr, la Tunisie d’après Sidi Bouzid sera inéluctablement différente de celle d’avant. Et si nous voulons que le sang des centaines de tunisiens ne soit pas perdu en vain, nous devons :
· Se mettre d’accord sur nos revendications claires et réalisables (plus de liberté et de démocratie, gouvernement de salut avec ou sans Ben Ali, départ de Ben Ali…)
· Avoir un conseil ou un front composé de toutes les forces vives de la société pour parler au nom des tunisiens et être l’interlocuteur des pays amis
· Avoir un discours rassurant pour tous les tunisiens et surtout pour ceux qui ont, pour des raisons multiples, soutenu la politique de ce régime. Les tunisiens sont capables de se pardonner et travailler ensemble. La vengeance n’est pas la bienvenue et la reconstruction de la Tunisie est le devoir de tous.