Mesure de rétorsion à l?encontre de la Commission arabe des droits humains
« Mesure de rétorsion » à l’encontre de la Commission arabe des droits humains 21 septembre 09 Carole Vann/Infosud - Très active lors des précédentes sessions, la Commission arabe des droits humains ne peut participer aux travaux en cours du Conseil des droits de l’homme. Le 28 juillet dernier, l’ONU a en effet suspendu pour un an le statut consultatif de l’ONG, à la demande de l’Algérie. Raison officielle invoquée par l’ambassadeur Idriss Jazaïri : cette ONG avait donné la parole en juin 2008 à
- 22 سبتمبر 2009
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21 septembre 09
Carole Vann/Infosud - Très active lors des précédentes sessions, la Commission arabe des droits humains ne peut participer aux travaux en cours du Conseil des droits de l’homme.
Le 28 juillet dernier, l’ONU a en effet suspendu pour un an le statut consultatif de l’ONG, à la demande de l’Algérie. Raison officielle invoquée par l’ambassadeur Idriss Jazaïri : cette ONG avait donné la parole en juin 2008 à un réfugié politique en Suisse, Rachid Mesli, condamné en Algérie pour activités terroristes.
Mais de fait, le représentant à Genève de l’ONG, Abdel Wahab Hani, s’est entendu dire par des diplomates arabes et européens que la vraie raison de cette suspension est toute autre : l’Algérie, et dans la foulée les pays arabes, n’aurait pas apprécié qu’Abdel Wahab Hani proteste contre les nominations du diplomate égyptien Ahmed Amin Fathalla et du sénateur algérien Lazhari Bouzid comme membres du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU. Un dénonciation lancée le 19 septembre 2008 en plénière devant la 9e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme et auprès des ex-présidents du Conseil, le Roumain Doru Costea et le Nigérian Martin Ihoeghian Uhomoibhi, ainsi qu’auprès de la Haut Commissaire aux droits de l’homme Navi Pillay.
Le Comité des droits de l’homme est un organe censé être composé de personnalités indépendantes en charge de contrôler l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’un des deux piliers de la charte des droits de l’homme de l’ONU. Or Ahmed Amin Fathalla était à l’époque ambassadeur d’Égypte aux Pays Bas, tandis que Lazhari Bouzid avait été nommé par le pouvoir algérien dans le quota présidentiel au Sénat.
La désignation de diplomates par les États dans des Comités de surveillance des traités a souvent été critiquée par les ONG, qui y voient un manque d’indépendance, étant donné leurs engagements auprès de leur gouvernement. Cela représente à leurs yeux « une violation du critère de haute moralité inscrit dans l’article 28 du Pacte ».
Ahmed Amin Fathalla n’était d’ailleurs pas le seul cas égyptien. Naéla Gabr, ancienne ambassadrice à Genève, était assistante du ministre égyptien des affaires étrangères pour les organisations internationales, tout en étant membre du Comité aux Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).
Et ça n’est pas tout : Luis Gallegos Chiriboga, ambassadeur d’Équateur à Washington et membre du Comité de l’ONU contre la torture, José Augusto Lindgren Alves, diplomate en poste à Brasilia et membre du Comité de l’ONU contre la discrimination raciale ou encore le Biélorusse Sergei Martynov, ministre des affaires étrangères et membres du Comité des droits économiques, sociaux et culturels.
Il semble d’ailleurs que, suite a la déclaration de la Commission arabe des droits humains, un accord tacite ait eu lieu pour ne plus présenter des titulaires de mandats gouvernementaux. Les ONG restent, quant à elles, attentives au prochain renouvellement du Comité contre la torture. La liste des candidats ne présente plus d’ambassadeurs, de ministres ou de sénateurs, à l’exception de la Libye qui présente un ancien diplomate.