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Les Politologues crient aux scandales

Par Houki Chaker, Assistant et politologue à la faculté de droit, des sciences économiques et politique de Sousse. Les juristes ô combien ils sont passés à coté de la plaquette. Ils nous ont fait compris pour longtemps que tous se passent sous l’égide de la règle juridique et qu’il revient au droit de régler les affaires de la cité. Les autres branches n’ont qu’un effet accessoire au meilleur des cas. L’avènement du 14 janvier vient de bouleverser l’ordre des choses et montrer pour une fois et à

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5 مارس 2011
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الحوار نت
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Par Houki Chaker, 

 

Assistant et politologue à la faculté de droit,

 

 des sciences économiques et politique de Sousse.

 

Les juristes ô combien ils sont passés à coté de la plaquette. Ils nous ont fait compris pour longtemps que tous se passent sous l’égide de la règle juridique et qu’il revient au droit de régler les affaires de la cité. Les autres branches n’ont qu’un effet accessoire au meilleur des cas.

L’avènement du 14 janvier vient de  bouleverser l’ordre des choses  et montrer pour une fois et à jamais que le droit n’était qu’une mascarade. C’est aussi bien avant qu’après le 14 janvier.

Fideles à leurs vielles habitudes, ils veulent nous faire comprendre que tout se passe encore sous la suprématie de la constitution et les institutions constitutionnelles. Or il n’en est pas question, puisque  rien ne colle. Ni l’article 56 ni l’article 57 peut expliquer ou servir de base pour expliquer la passation du pouvoir,  ni encore l’article 28, pourra permettre au président en place de décréter des décrets lois, ni non plus l’article 46 ne pourra permettre la création des commissions nationales sur la base des mesures exceptionnelles.

 

Le phénomène politique est plus fort et plus rebelle pour qu’il soit encadré par le droit. Voilà ce que nous avons appris en sciences politique avec le peu d’estime que nous avons eu, mais avec des idées claires et prometteuses. 

 

Lorsque nous étions une dizaines d’étudiants autour de nos professeurs  à questionner l’avenir et déchiffrer ses codes à travers des thèmes sociologiques portant sur la transition démocratique, la passation du pouvoir, la chute des régime autoritaires , on avait l’impression que nous sommes en train de prendre des cours en Amérique latine ou en Europe de l’Est . Personne ne veut nous croire. Il fallait alors faire un peu de droit international, du droit diplomatique, des sciences administratives, de droit de sécurité sociale, pour qu’on puisse nous prendre au sérieux.

La démocratie se passe en 24 heures. Voilà ce que nous avons appris en classe et que  des politologues comme Hammadi Redissi et moi-même nous avons dit et répéter dans différents colloques alors que nous étions scandalisés.

 

Désormais, il est temps que  les juristes reviennent à leur juste valeur et d’arrêter de saisir le politique à travers le droit et d’arrêter de produire et reproduire des mensonges (hormis quelques tendances marginalisées). Combien d’articles, de mémoire et de thèses seront mis aux poubelles, rien que parce qu’ils ont sous–estimer, en vain,  la réalité politique et avoir cru bon que le droit puisse interpréter les phénomènes politiques. 

 

Des cours de droit sur la transparence, la séparation des pouvoirs,  les fonctions du gouvernement,   la décentralisation, l’administration consultative,  la suprématie de la constitution et tant d’autres thèmes,  n’ont plus, désormais de valeurs. La crédibilité du droit est plus que jamais remise en cause.

Les professeurs de droit devraient maintenant avoir honte de reprendre leurs cours, poursuivre leurs conneries et continuer leur cinéma. Ils n’ont même pas le courage de débattre avec leurs étudiants sur un événement dont-ils n’ont jamais pu concevoir, jamais osé le penser ou le deviner. A force de croire au droit, ils pensaient que la Tunis est d’ores et déjà démocratique !

Maintenant que les politologues ont dit leurs mots, que les juristes restent au banc, ou du moins se rendre compte que leur avenir n’a plus d’avenir sans former un couple avec les sciences politiques.

Faut-il, enfin,  lancer un appelle urgent pour que  la filière des sciences politiques soit de nouveau rétablit pour pouvoir fournir à la Tunisie une élite dont elle avait besoin et pour que le politologue prend enfin la parole et occupe la place qui lui revient et qu’il méritait. Ô combien cela est urgent.

                                                                             Houki Chaker,  universitaire et politologue.

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