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le REMDH demande des mesures de protection en faveur des défenseurs tunisiens des droits de l'Homme

l'Espagne qui assume jusqu'au 1er juillet prochain la présidence de l'Union européenne jouit d'une relation privilégiée avec la Tunisie. Cependant, alors que le gouvernement espagnol avait annoncé au début de son mandat à la tête du Conseil de l'Union européenne vouloir inscrire la protection des défenseurs des droits de l'Homme au rang de ses priorités

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10 مايو 2010
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الحوار نت
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TUNISIE: Réuni à Madrid,  le REMDH demande à la Présidence Espagnole de l’UE des mesures de protection en faveur des défenseurs tunisiens des droits de l'Homme

 

 

Bruxelles-Copenhague-Madrid, le 5 mai 2010- Proximité géographique, vitalité des échanges économiques, stabilité de la relation bilatérale: l'Espagne qui assume jusqu'au 1er juillet prochain la présidence de l'Union européenne jouit d'une relation privilégiée avec la Tunisie. Cependant, alors que le gouvernement espagnol avait annoncé au début de son mandat à la tête du Conseil de l'Union européenne vouloir inscrire la protection des défenseurs des droits de l'Homme au rang de ses priorités, la situation sur le terrain n'a pas connu d'amélioration tangible selon  la délégation de défenseurs tunisiens des droits humains qui s’est rendue à Madrid du 26 au 29 avril 2010 à l'invitation conjointe du Réseau Euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) et de l'ONG espagnole ACSUR Las Segovias.

 

 

Pour ces défenseurs tunisiens, l'état des lieux demeure préoccupant, en particulier concernant les libertés d'association et d'expression: « les procès non équitables, les atteintes à la liberté de circulation, les actes de harcèlement et les agressions contre des défenseurs se sont de nouveau multipliés ces derniers mois en Tunisie », constate Me Anouar Kousri, Vice Président de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH).

 

 

« Nous appelons au respect de l'Etat de droit, car à ce jour c'est la police qui gouverne la Tunisie au moyen de ces fameuses “instructions”, et les lois du pays ne sont pas respectées » ajoute Sihem Bensedrine, journaliste et porte-parole du Conseil national pour les Libertés en Tunisie (CNLT).

 

 

“Les procès des défenseurs des droits de l'Homme sont marqués par des entraves systématiques aux droits de la défense et à la publicité des débats, signe de l'absence d'indépendance du système judiciaire en Tunisie” précise Me Houcine Bardi, qui a observé de nombreux procès pour le compte du Comité pour le respect des droits de l'Homme et des libertés en Tunisie (CRLDHT) et du REMDH.

 

 

« Bien sûr, nous nous félicitons de la libération du journaliste Taoufik Ben Brik, mais nous craignons que le régime n'ait pas renoncé à prendre en otage des personnalités indépendantes de la société civile », note pour sa part Lotfi Hajji, ancien président du Syndicat National des Journalistes Tunisien, allusion à la situation du journaliste Fahem Boukadous, condamné récemment à une peine de quatre ans pour sa couverture du mouvement social pacifique du bassin minier de Gafsa-Redeyef.

 

 

S'étonnant de la méconnaissance en Espagne de la situation des droits de l'Homme en Tunisie, Halima Jouini, membre du Bureau de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) a souligné que « en Tunisie, la question des droits des femmes est instrumentalisée par les autorités, alors que ce sont ces mêmes autorités qui bloquent les financements destinés à notre association, y compris ceux émanant de la coopération espagnole, ou de l'Union européenne ». 

 

 

« L'absence de liberté vient s'ajouter à une réalité que la Tunisie cherche à dissimuler derrière ses bons chiffres économiques, celle du chômage des jeunes et notamment des diplômés. C'est pourquoi un si grand nombre d'entre eux déclare vouloir émigrer » indique Noureddine Baaboura, membre de la fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR).  

 

 

La délégation a par ailleurs fait part de son inquiétude face à la recrudescence de violentes campagnes de diffamation contre les défenseurs des droits de l'Homme dans des organes de presse contrôlés par les autorités tunisiennes. Pour Omar Mestiri, journaliste et membre du CNLT, « ce mouvement a pris des proportions alarmantes, et il s'agit bien d'une stratégie délibérée des autorités tunisiennes visant à isoler les voix indépendantes de la société civile. »

 

 

Comme le souligne Khémais Chammari, ancien vice président de la FIDH et membre du REMDH, « au regard du grand nombre de références aux droits de l'Homme dans les instruments de coopération entre l'Union Européenne et la Tunisie, il est étonnant de constater le peu d'impact sur les réformes démocratiques et la faiblesse du soutien des Etats membres de l'UE aux défenseurs des droits humains tunisiens ».

 

 

Au terme de ces réunions, Kamel Jendoubi, président du REMDH a déclaré « Nous saluons le rôle de l'Espagne et les initiatives entreprises pour le renforcement de l'Etat de droit en Tunisie,  mais nous lui demandons d'assumer ses responsabilités et d'aller au bout des initiatives qu'elle a annoncé ».

 

 

A quelques jours de la tenue du Conseil d'association UE-Tunisie, le 11 mai à Luxembourg[1], et alors que la Tunisie a officiellement exprimé son désir de rehausser le niveau de ses relations avec l'UE et de négocier son accession au « statut avancé », le REMDH et les organisations de défense des droits de l'Homme ayant participé à la réunion demandent à la présidence espagnole :

     

    • d'assurer de la mise en œuvre effective des Lignes directrices de l’UE notamment sur les défenseurs des droits de l’Homme en apportant un soutien urgent et visible aux défenseurs des droits de l’Homme en Tunisie,
    • d'établir des mécanismes effectifs de consultation des organisations de défense des droits de l’Homme sur leur évaluation de la situation des droits de l’Homme en Tunisie,
    • de mettre en place un Officier de liaison pour l'Union Européenne avec les défenseurs en Tunisie,  
    • de conditionner l'accession de la Tunisie au « statut avancé » dans sa relation avec l’UE à une amélioration substantielle de la situation des droits de l'Homme dans le pays.

 

 

Les organisations suivantes ont participé aux réunions du REMDH à Madrid :

·         la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) présidée par Me Mokhtar Trifi, et représentée par Me Anouar Kousri, Vice-président.

·         le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) représenté par sa porte parole, Sihem Ben Sedrine, et Omar Mestiri, représentant du CNLT au sein du REMDH.

·         l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), présidée par Sana Ben Achour et représentée par Halima Jouini, membre du Comité exécutif.

·         Lotfi Hajji, ancien Président du Syndicat des journalistes tunisiens et vice–président de la section de la LTDH de Bizerte.

·         la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) présidée par Tarek Ben Hiba, et représentée par Noureddine Baaboura. 

·         le Comité pour le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales en Tunisie (CRLDHT), représenté par Me Houcine Bardi.

·         ACSUR-Las Segovias (Espagne), présidée par Juan Guirado et représentée par Bérénice Michard

·         La Ligue des droits de l’Homme (France), représentée par Me Jacques Montacié (excusé)

·         L’International Sollicitors for Human Rights (Royaume Uni), représenté par Me Michael Ellman et Me Wendy Pettifer.

·         La Fédération Internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH), présidée par Mme Souhayr Belhassen, et représentée par Marie Camberlin.

·         Kamel Jendoubi, Président du REMDH et Marc Schade Poulsen, Directeur exécutif

·         Khémais Chammari (Tunisie) et Anna Bozzo (Italie), membres honoraires du REMDH.

 

Le journaliste tunisien Zouhair Makhlouf, également invité, n'a pas pu participer car il se trouve toujours privé de son passeport.

 



[1]              Voir la « Lettre ouverte à l'occasion du Conseil d'association UE-Tunisie », adressée conjointement par le REMDH, la FIDH et l'OMCT en date du 29 avril 2009


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