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Le gouvernement tunisien tente de réduire Human Rights Watch au silence

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24 مارس 2010
مصدر الوثيقة:
الحوار نت
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HRW donne rendez-vous   

au cabinet de Maître Mohamed Nouri

33 rue Mokhtar Attiyeh, Tunis (centre ville)

11h00 aujourd'hui le 24 mars 2010

(Hier à 23h30 Il a fallu changer le lieu prévu, après que l'Hôtel Hana nous a viré de la chambre qu'on a prise et pour laquelle on a payé, prétextant une fuite d'eau.)

Human Rights Watch tiendra une conférence de presse à Paris au sujet de son nouveau rapport sur la Tunisie et les derniers événements, ce vendredi matin, le 26 mars.

 

***Information aux médias***  

Le gouvernement tunisien tente de réduire Human Rights Watch au silence

 

(Tunis, le 23 mars 2010) – Les autorités tunisiennes ont informé Human Rights Watch qu’elles ne permettraient pas à l’organisation de tenir une conférence de presse le 4 mars 2010 à l’occasion de la publication de son rapport sur la répression exercée en Tunisie à l’encontre des anciens prisonniers politiques. Toutefois les représentants de l’État n’ont fourni aucune raison légale à l’appui de cette décision. 

Human Rights Watch maintient cependant son projet de rendre public son rapport « Une prison plus vaste : Répression des anciens prisonniers politiques en Tunisie », le 24 mars.  

Le  22 mars, Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, a été informée par le ministre des Communications, Oussama Romdhani, que « ce n’est pas le souhait du souverain » que la conférence de presse se déroule. Des fonctionnaires des ministères de l’Intérieur et de la Justice ont déclaré qu’ils n’autoriseraient pas son déroulement, parce que le rapport « ternit l’image de la Tunisie, et est partial et biaisé ».  

« La tentative du gouvernement tunisien d’empêcher Human Rights Watch de tenir une conférence de presse montre un manque de respect inquiétant envers la liberté d’expression », a remarqué Sarah Leah Whitson. « Qui est libre de s’exprimer en Tunisie lorsque le gouvernement essaie de réduire au silence une organisation internationale de défense des droits humains? » 

Plusieurs hôtels de Tunis qui avaient préalablement proposé leurs tarifs à Human Rights Watch pour une salle où se tiendrait la conférence ont retiré leurs offres.

Le rapport de 46 pages documente l’éventail de mesures répressives, dont beaucoup sont arbitraires, que les autorités tunisiennes imposent aux anciens prisonniers. Parmi ces mesures figurent une surveillance et un contrôle étroits, le refus de délivrer des passeports, les menaces de ré-arrêter ceux qui s’expriment sur les droits humains ou la politique, et des restrictions de déplacements. En juillet 2009, Human Rights Watch a écrit aux ministres de l’Intérieur et de la Justice en présentant un résumé détaillé des résultats de ses recherches et a sollicité des commentaires ou des corrections, sans recevoir de réponse. Le gouvernement se plaint maintenant que son point de vue n’est pas exposé dans le rapport.

« Toute tentative des autorités tunisiennes de perturber l’annonce de la publication de notre rapport ne fera qu’attirer l’attention sur le manque de respect du gouvernement envers la liberté d’expression », a ajouté Sarah Leah Whitson. « La façon dont le gouvernement tunisien traite Human Rights Watch est monnaie courante pour les défenseurs tunisiens des droits humains. »

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur la Tunisie, veuillez suivre le lien :

http://www.hrw.org/fr/middle-eastn-africa/tunisia

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

À Tunis, Sarah Leah Whitson (anglais) : +1-718-362-0172 (portable) ; ou whitsos@hrw.org

À Tunis, Eric Goldstein (anglais, français) : +216-25-59-02-12 (portable) ; ou goldstr@hrw.org

À Beyrouth, Rasha Moumneh (anglais, arabe) : +961-71-323484 (portable) ; ou moumner@hrw.org

À Paris, Jean-Marie Fardeau (anglais, français, portugais) : +33-6-45-85-24-87 (portable)

À Bruxelles, Reed Brody (français, portugais, espagnol) : +32-498-625786 (portable)

 Rachid Khechana

lCommuniqué de presse 

Ce soir, vers 19h30 J’ai été empêché d’accéder à l’hôtel AL Hana (ex International) sur l’Avenue Habib Bourguiba, où je devais rencontrer Mr. Eric Goldstein et Ms Sarah Lea Whitson, respectivement directeur de recherche à Humain Rights Watch et Directrice Executive de la division du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à la même organisation basée à New-York. Une dizaine de policiers en civil m’ont barré l’entrée de l’hôtel avant l’arrivée de renforts d’une voiture de police garée juste en face de l’hôtel et où se trouvait ce qui semblait être leur patron. Les agents se sont contentés de me signifier que « les directives » veulent que je ne dois pas pénétrer à l’intérieur de l’hôtel et d’en discuter avec leur patron,  « si j’en avais l’envie », qui se trouvait à bord de la voiture. Au bout d’un échange verbal et au vu du dispositif sécuritaire impressionnant qui m’entourait, je suis revenu à mon bureau situé à quelques dizaines de mètres des lieux.

Cette interdiction traduit la frilosité et l’énervement extrême des autorités politiques depuis l’arrivée de la délégation de Humain Rights Watch au pays. Cela était à l’origine du déchainement  sécuritaire dont je viens d’être la victime.  

Je suis consterné et révolté  par cette violation brutale de ma liberté de circuler dans mon pays et de rencontrer qui je veux. Cette attitude répréhensible va à l’encontre de la loi et de tous les principes de liberté de circulation et d’expression. Il s’agit là d’un exemple typique du comportement des autorités politiques désireuses d’étouffer les critiques tout en continuant à clamer qu’elles respectent la liberté de la presse. De telles allégations ne tiennent pas la route si l’on considère la traque quotidienne des journalistes indépendants et dont notre confrère Lotfi Hajji a été la victime aujourd’hui même à Bizerte afin de l’empêcher de rencontrer la délégation de Humain Rights Watch.

J’en appelle à tous les défenseurs des journalistes et des droits de l’Homme à élever leurs voix pour dénoncer cette dérive sécuritaire et œuvrer à mettre un terme au harcèlement policier et toutes sortes de pressions auxquelles sont exposés les plumes libres. 

                                                                Tunis le 23 / 03 / 2010

Rachid Khechana

Rédacteur en chef d’Al Maoukif

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