La fuite de Ben Ali : les 7 fautes fatales de régime
أبو أنس La révolution tunisienne a surpris tout le monde, sauf Leila Trabelsi qui a prévus sa fuite depuis longtemps : des hôtels particuliers en France, des villas en cote d'azur, des comptes en suisse, des réserves à Daubai et quelque tonnes d'or pour les jours difficiles. On se rappel bien de la rapidité de l'arrivée de Ben Ali au pouvoir, il succède Bourguiba à peine un mois après sa nomination comme premier ministre. Un changement dans le calme accueilli chaleureusement par les tunisiens ma
- 16 فبراير 2011
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- الحوار نت
أبو أنس
La révolution tunisienne a surpris tout le monde, sauf Leila Trabelsi qui a prévus sa fuite depuis longtemps : des hôtels particuliers en France, des villas en cote d'azur, des comptes en suisse, des réserves à Daubai et quelque tonnes d'or pour les jours difficiles.
On se rappel bien de la rapidité de l'arrivée de Ben Ali au pouvoir, il succède Bourguiba à peine un mois après sa nomination comme premier ministre. Un changement dans le calme accueilli chaleureusement par les tunisiens mais aussi tous les pays de la planète. Les promesses sont de taille. Le discours de 7 Novembre 1987 vient répondre aux attentes de la population : pas de présidence à vie, liberté pour tous …mais est-il vrais. Peut-en croire tous ces promesses. Les 7 fautes fatales du régime de 7 Novembre :
1/La répression des opposants : entre la prison et l'exil :
La réponse ne va pas tarder, et deux ans après le 7 novembre 1987, la donne change et le nouveau locataire du palais de Carthage passe à la deuxième étape de son plan. Le vrai visage du pouvoir absolu va paraître : propagande dans les médias, interdiction de parties d'opposition, interdiction de liberté… La chasse aux sorcières va commencer. Les islamistes et les autres opposants sont réprimés et jetés en prison ou poussés à l'exile, et cela était la première faute de Ben Ali,
2/Le rôle des cassies de Bourguiba,
En cherchant à nettoyer le pays d'opposants politiques, le régime de ben Ali a fait appel à des conseillers de l'ère Bourguiba, des personnalités qui ont accepté de jouer le jeu et accompagner le nouveau président dans sa conquête du pouvoir absolu. A-t-il tort ? Avait-t-il d'autres choix ? A vrai dire, au lendemain du « coup d'Etat médical », le premier de son genre dans l'histoire à ma connaissance, on n'avait pas d'autre choix, d'autre alternative, il fallait fouiller dans l'existant ; avec les moyens de bord comme ont dit. Et cela était la deuxième faute de régime, on ne peut pas réaliser un changement avec l'existant, la définition du changement stipule une coupure radicale.
3/ le comportement personnel : trahison,
C'est l'élément qui va sans doute finir par l'emporter. Sa relation avec Leila Trabelsi, une femme qui ne représente pas la femme tunisienne ordinaire, son comportement, ses relations, sa façon de faire les choses, tout était contradictoire avec les attentes des tunisiens. Même son arrivée au palais de Carthage était une surprise pour tout le monde. Un mariage en 1992, une naissance de la première fille en 1986, un divorce de la première épouse Naima Kefi en 1988. Dans un pays musulman, on ne pourra jamais accepter une situation pareille. Ce qu'a fait Ben Ali est un comportement de bandit, de voyou, d'homme infidèle. A l'époque des faits, personne n'a osé le dire publiquement, mais dans les cafés, dans les bars et partout dans le pays, les gens ont mal pris cet épisode de mille et une nuit.
4/ Censure des médias :
La censure d'Internet ; c'était idiot, ridicule et absurde, commet peut-on censurer Internet au vingt et une eme siècle ? Dans une société éduquée, ouverte, le contrôle d'Internet était considéré par les tunisiens comme une nouvelle forme de colonisation qui nécessite une guerre de libération. Des bloggeurs, militants de droits de l'homme, des internautes ont brisés le silence et ont pris le risque d'utiliser le réseau comme moyen de lutte, une nouvelle Facon de combattre le régime. Les événements de Sidi Bouzid vont montrer par la suite que la révolution tunisienne s'est déroulée avant tout sur la toile pour descende par la suite dans la rue.
5/la politique de privatisation : appauvrissement de l'Etat enrichissement des Trabelsi
Le but de cette opération était la libération de l'économie tunisienne, mais ce but est détourné. L'économie est confisquée par trois familles proches du pouvoir qui ont mis la main sur tous les secteurs, les Trabelsi, les Ben Ali et les Matri ont tout simplement partagé le gâteau en trois portions laissant le peuple face à ses angoisses et sa pauvreté.
6/ le rapport avec l'occident :
Entre Chirac qui considère que les droits de l'Homme c'est manger, aller à l'école et se faire soigner, et Sarkozy qui encourage timidement le processus démocratique en Tunisie bien qu'il soit convaincu du contraire, cela était pour le régime un soutien crucial, qui favorise tout genre de répressions. Le régime était considéré par l'occident comme garant de la stabilité et l'antiterrorisme.
7/ la gestion de la crise : 3 discours flous et un silence médiatique
Les trois dernier discours et surtout celui de 13 Janvier 2011 considéré comme « le discours d'adieu », où ben Ali a paniqué, tout le monde a vu un président en fin de règne, il essaye par tous les moyens de s'accroché au pouvoir, mais c'est trop tard. Ses regrets et ses promesses n'ont pas convaincu la population. Au moment même de la diffusion du discours qui annonce la levée de la censure sur les médias et demande de stopper les tirs à balles réelles sur la foule, deux choses ont choqué l'opinion publique : la première est l'émission diffusée le soir même par la chaine nationale, qui ouvre la voix à l'opposition mais qui est produite par Cactus Prod la société de production de Belhassen Trabelsi, l'homme le plus détesté des tunisiens, la deuxième chose : les morts tombés le soir même par les balles réelles de la police de Ben Ali. Les quelques centaines de sympathisants payés pour faire croire que la population est toujours avec ben Ali n'ont réussi à changé la donne, les syndicats maintiennent la grève générale programmée pour le lendemain, et comme prévue des milliers de tunisiens déterminés comme jamais se retrouvent dès 8 heures du matin à l'avenue Bourguiba devant le ministère de l'intérieur réclament tout simplement le départ de Ben Ali.
Chose faite en quelque heures, et l'armée pousse le président à quitter le pays dans la douceur et le calme exactement comme son arrivée il y a 23 ans 2 mois et 7 jours.