Gouvernance sans conscience n?est que science de la ruine :Kamel Mahdhaoui
Aujourd’hui, le problème de la Tunisie c’est l’absence de l’espoir chez les individus. Les classes moyennes et populaires sentent de jour en jour depuis des années l’étouffement de leur liberté et le rétrécissement de leur condition. Souvent, lorsqu’on leur parle de « réussite » économique, ils ressentent bizarrement une « humiliation ». Les élites sentent toutes un « problème » sans trop chercher à vraiment le comprendre car elles ont peut-être peur de « voir » le problème ou « entrevoir » la s
- 30 يناير 2011
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- الحوار نت
Aujourd’hui, le problème de la Tunisie c’est l’absence de l’espoir chez les individus.
Les classes moyennes et populaires sentent de jour en jour depuis des années l’étouffement de leur liberté et le rétrécissement de leur condition. Souvent, lorsqu’on leur parle de « réussite » économique, ils ressentent bizarrement une « humiliation ».
Les élites sentent toutes un « problème » sans trop chercher à vraiment le comprendre car elles ont peut-être peur de « voir » le problème ou « entrevoir » la solution.
Les élites du libéralisme économique, contrairement à Von Hayek, n’osent pas dire aujourd’hui : Depuis des années j’ai une réponse mais je n’arrive pas à me préciser les questions !
En effet tout le monde refoule les problèmes et les solutions qu’il connaît, plus ou moins consciemment : c’est la crise morale ou la corruption. C’est le choix entre la névrose et la schizophrénie ou peut être l’amnésie.
La gouvernance n’y échappe pas. Plus que les autres, le dirigeant connaît bien la profondeur de la corruption, des impostures, de la fuite en avant, de la médiocrité besogneuse ou affairiste.
La technocratie devient parfois l’art dans « se boucher les oreilles » et « se fermer les yeux ».
La misère est ainsi un tableau Excel avec une jolie police de caractère.
L’inégalité sociale ou régionale, des graphes dans des présentations Power Point.
Le vol des plus pauvres et des moins pauvres, des équilibres de Nash.
Les technocrates d’aujourd’hui ainsi que les politiciens professionnels ne sont capables souvent que de travailler ce genre de désincarnations.
Par l’intermédiaire des médias, de l’image, de la communication et du marketing politique tout devient possible.
Voler une révolution, c’est tenter de faire pareil qu’avant sans que cela se voit : L’intelligence technique de l’imposture est à l’œuvre.
Celui qui n’a jamais été qu’un outil, depuis des années et des années ne peut que servir la dictature, visible ou discrète. Le technocrate sans légitimité politique n’a d’ailleurs à rendre de compte à personne. Lui laisser le pouvoir sur le devenir des gens dans un contexte aussi périlleux est une faute grave.
Ne serait-ce que par habitude, par conformité, par obligation alimentaire rien ne changerait dans la nouvelle ère du changement.
La gouvernance, qu’elle soit en politique, en entreprise, dans les administrations ou ailleurs, a besoin d’une rupture nette. C'est-à-dire une conscience réelle de l’environnement commun à partager et à s’approprier.
Le développement ou la gouvernance, sans cette conscience, sont pressentis par beaucoup comme un naufrage inéluctable : Gouvernance sans conscience n’est que science de la ruine !
Kamel Mahdhaoui
29 janvier 2011.