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Des activistes tunisiens en grève de la faim pour faire valoir leurs droits?

Appel de soutien : Des activistes tunisiens en grève de la faim pour faire valoir leurs droits… Leurs vies sont en danger La lettre suivante a été envoyée à plus de 250 parlementaires et personnalités et partis politiques dans le but de soutenir nos compatriotes dans leur noble combat pour l’acquisition de leurs droits. J’appelle toutes les personnes LIBRES à agir pour cette juste cause. Madame, Monsieur, Plusieurs activistes tunisiens ont recouru dernièrement à la grève de la faim pour faire va

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27 أكتوبر 2010
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الحوار نت
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 Appel de soutien :

Des activistes tunisiens en grève de la faim pour faire valoir leurs droits…

Leurs vies sont en danger

La lettre suivante a été envoyée à plus de 250 parlementaires et personnalités et partis politiques dans le but de soutenir nos compatriotes dans leur noble combat pour l’acquisition de leurs droits. J’appelle toutes les personnes LIBRES à agir pour cette juste cause.

Madame, Monsieur,

     Plusieurs activistes tunisiens ont recouru dernièrement à la grève de la faim pour faire valoir leurs droits les plus élémentaires tels le travail, le soin, le déplacement, le passeport ... L’état de santé de certains parmi eux c’est gravement détérioré et ils risquent la mort. Connaissant bien, d’une part la situation des droits de l’Homme en Tunisie et l’indifférence des autorités tunisiennes vis-à-vis de tels actes de militantisme et d’autre part la détermination de ces militants, l’association Ez-Zeitouna craint le pire et juge la situation très préoccupante et appelle toutes les instances et personnalités compétentes à agir auprès des autorités tunisiennes afin qu’elles fassent le nécessaire et permettent à leurs citoyens de vivre dignement et librement.

En témoignage en voici quelques cas qui sont loin d’être les seuls :

 M. Abdellatif Bouhjila.

L’ex- prisonnier politique M. Abdellatif Bouhjila continue sa grève de la faim qu’il a entamée le 11 octobre 2010 pour une période indéterminée pour exiger la restitution de ses droits civiques dont principalement l’obtention de son passeport et des soins nécessaires urgents. Dans un enregistrement vidéo, il s’est dit déterminé à poursuivre sa grève jusqu’à satisfaction de ses demandes ou la mort.

M. Bouhjila a précisé qu’il souffre d’énormes et nombreux problèmes de santé et que sa demande principale est l’obtention de son passeport et le voyage à l’étranger pour se soigner. Il a par ailleurs précisé : « Je crie et appelle toutes les personnes LIBRES du monde et leur dit : Maintenant je vais imposer ma liberté ou mourir … Le passeport est un droit et est ma liberté. La liberté ne s’offre pas et ne se décrète pas par arrêté, ça s’arrache et ça s’impose et c’est pour ça que les autorités tunisiennes tiennent à me priver de ce droit et je maintiens la grève de la faim, mon arme unique, pour faire valoir mes droits ou mourir … Être un être Humain c’est être LIBRE ou mourir »

M. Bouhjila a confirmé avoir fait toutes les démarches nécessaires pour l’obtention de son passeport mais il en a été privé ! Il a précisé : « Après deux ans les autorités tunisiennes n’ont pas donné suite à mes demandes alors que je devais être opéré à deux reprises ». Pour preuve de sincérité M. Bouhjila a montré un récépissé de la part du chef du centre de police qui confirme que le dossier est complet et lui a promis d’obtenir son passeport dans dix jours … mais après 2 ans M. Bouhjila n’a toujours pas eu son passeports et les maladies qu’il a attrapées durant sa longue période d’emprisonnement dans des conditions lamentables le rongent jours après jours. M. Bouhjila a ensuite manifesté sa perte de confiance dans les autorités tunisiennes et sa certitude qu’elles ne feront rien pour le soigner. Ainsi il exige son passeport immédiatement pour pouvoir aller se soigner à l’étranger surtout que son ami le français le Dr. Jean Robert s’est engagé pour le soigner.

Il est à rappeler que M. Bouhjila a mené une grève de la faim en 2008 pour exiger son droit à des soins mais les autorités tunisiennes ont répondu par l’indifférence malgré l’aggravation de sa santé et son transfert à l’hôpital. À l’époque M. Bouhjila a rompu sa grève de la faim suite à l’appel d’un groupe de visiteurs dont M. Mokhtar Trifi le président de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme et le Dr. Jean Robert qui a certifié après examen que l’état de santé de M. Bouhjila était critique et très grave.

M. Bouhjila a passé 10 ans de prison de 1997 à 2007 durant lesquels il a mené plusieurs grèves de la faim pour exiger vainement des soins. Dès sa libération il a de nouveau exigé des soins des graves maladies qu’il a attrapés durant la prison (problèmes cardiaques, cancer de reins, paralysie partielle…) mais sans résultat, il souffre toujours et davantage.

M. Bouhjila a totalisé plus de 900 jours de grève de la faims pour exiger ses droits et il est aujourd’hui à sa 2ème semaine de sa 28ème grève de la faim. Son état de santé s’est gravement détérioré et il risque la mort à tout moment.

M. Mohamed Rhimi, ex-prisonnier d’opinion, est en grève de la faim depuis le 9 octobre 2010 à son domicile à Monastir pour exiger son droit au travail et à la liberté de déplacement et pour contester l’application abusive de sa mise en résidence surveillée.

Deux membres du bureau exécutif de l’association Liberté Equité lui ont rendu visite chez lui le 22 octobre 2010 et ont confirmé l’aggravation de son état de santé : il est au lit et ne peut se déplacer que dans un fauteuil roulant. M. Rhimi a parlé à ses visiteurs des promesses mensongères qu’il a reçues de la part des autorités de pouvoir se déplacer et travailler librement et qui ont été contrariées par la pression faite sur son employeur pour ne pas l’embaucher. Les policiers lui ont même dit que les autorités veulent les mettre sous embargo et les plonger dans le néant.

M. Mohamed Akrout, ex-prisonnier politique et ex-président du mouvement Ennahdha (Renaissance), principal mouvement de l’opposition, a entamé sa grève de la faim le 14 octobre 2010 pour contester sa privation de ses droits fondamentaux dont le travail, le déplacement ... Ils exigent ses droits que lui garantit la constitution. Un responsable local l’a contacté et lui a promis la réglementation de sa situation mais aucune mesure concrète n’a été prise. Il continue donc sa grève de la faim et son état de santé se détériore jour après jour.

D’autres cas tels Mme Ghzala Mhamdi, le journaliste M. Fahem Boukaddous, et d’autres prisonniers d’opinions à la prison de Mournaguya recourent également à la grève de la faim comme dernier rempart pour se faire entendre.

Ces grévistes usent de leurs santés et risquent leurs vies pour faire valoir leurs droits de manière civilisée et pacifique. Un appel d’urgence est lancé à toutes les instances et personnalités compétentes pour agir auprès des autorités tunisiennes et, si nécessaire,  faire pression, pour qu’elles fassent le nécessaire et respectent les droits de leurs citoyens avant qu’il ne soit trop tard.

D’avance notre reconnaissance et notre gratitude pour toute personne ou instance qui vient à la rescousse des activistes tunisiens et agit pour leur juste cause.

Vive la Tunisie LIBRE et DÉMOCRATE.

 

 

Neuchâtel, le 26.10.2010

Président Association Ez-Zeitouna – Suisse

Larbi Guesmi

 

 

 

 

 

Remarque : les termes rapportés sur les activistes ont été traduits de l’arabe sans leur aval ni leur approbation.

 

 

 

 

 

 

(*) : L’Association Ez-Zeitouna est une ONG qui rassemble plusieurs dizaines de familles victimes de la dictature tunisienne. Elle milite pour la promotion des Libertés d’Expression et d’Organisation et pour le respect des Droits de l’Homme en utilisant des moyens pacifiques.

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