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Ben Ali : tous pour lui

Loi électorale sur mesure et opposition muselée: le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 22 ans, sera réélu ce dimanche Par CHRISTOPHE AYAD Dimanche, les électeurs tunisiens sont appelés à réélire le président Zine el-Abidine Ben Ali pour un cinquième mandat de cinq ans. Seuls enjeux : de combien Ben Ali dépassera la barre des 90%, et à quel point sera gonflée la participation, généralement inférieure à 20%. Arrivé au pouvoir après avoir renversé Habib Bourguiba, Ben Ali

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25 أكتوبر 2009
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الحوار نت
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Loi électorale sur mesure et opposition muselée: le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 22 ans, sera réélu ce dimanche

Par CHRISTOPHE AYAD

Dimanche, les électeurs tunisiens sont appelés à réélire le président Zine el-Abidine Ben Ali pour un cinquième mandat de cinq ans. Seuls enjeux : de combien Ben Ali dépassera la barre des 90%, et à quel point sera gonflée la participation, généralement inférieure à 20%. Arrivé au pouvoir après avoir renversé Habib Bourguiba, Ben Ali, 73 ans, règne sans partage sur la Tunisie depuis 1987.

Après avoir écrasé au début des années 90 les islamistes du mouvement Ennahda, il s’est attaché à bâillonner la société civile et à créer une apparence de multipartisme et de démocratie pour satisfaire les bailleurs de fonds internationaux. Sans convaincre : le Parlement européen multiplie, en vain, les condamnations concernant les violations des droits de l’homme en Tunisie, les instances exécutives de l’UE refusant, pour l’instant, de faire pression sur le régime alors qu’un accord d’association, vital pour Tunis, les lie depuis 1995.

La campagne électorale de cet automne, ou plutôt son simulacre, n’a pas dérogé aux habitudes. Face à Ben Ali, trois figurants donnent le change : Mohamed Bouchiha (Parti de l’Unité populaire, social-démocrate), Ahmed Inoubli (Union démocratique unioniste, nationaliste arabe) et Ahmed Brahim (Ettajdid, ex-Parti communiste), qui tous appellent à voter… Ben Ali ! Le leader du Forum démocratique pour le travail et la liberté (FDTL), Moustapha Ben Jaafar, jugé trop critique, a été empêché de se présenter via une loi électorale sur mesure. Nejib Chebbi, le chef du Parti démocratique progressiste (PDP), a lui aussi renoncé et son parti s’est retiré des législatives, deux tiers de ses candidats ayant été rayés des listes sans explication. La diffusion du journal du PDP, Ettajdid, a été suspendue pendant la campagne. Quant au leader d’extrême gauche Hamma Hammami, il s’est violemment fait tabasser à l’aéroport de Tunis par une vingtaine de policiers en civil, alors qu’il revenait d’un voyage où il avait critiqué le régime sur la chaîne Al-Jezira.

La mainmise du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) sur le pays et les institutions est ainsi telle que le parti au pouvoir s’est permis le luxe de «céder» un quota de 25% des sièges de députés à «l’opposition» - celle agréée par les autorités. Une manière aussi d’affaiblir des syndicats et des partis d’opposition déjà minés par la répression et les divisions. Restent les islamistes : sous strict contrôle policier ou en exil, ils sont absents de la scène politique.

La seule question que se posent les Tunisiens porte finalement sur la succession d’un président âgé, affaibli et entouré d’une belle-famille insatiable : le clan Trabelsi. Ben Ali a cinq ans devant lui pour s’y employer.

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