Appel à la solidarité avec Hamma Hammami
Appel à la solidarité avec Hamma Hammami Il y a deux mois, mon mari, Hamma Hammami, Directeur du journal « Al Badil » (interdit) et porte parole du Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (non autorisé), a été contraint de nouveau à la clandestinité. Les agents de la police qui sont venus l’arrêter le 12 Octobre dernier, ont terrorisé notre fille Sarra (10 ans) qui a refusé d’ouvrir la porte de l’appartement. Depuis, notre domicile est sous surveillance constante. Quelques jours avant, à son ar
- 13 ديسمبر 2009
- مصدر الوثيقة:
- الحوار نت
Appel à la solidarité avec Hamma Hammami
Il y a deux mois, mon mari, Hamma Hammami, Directeur du journal « Al Badil » (interdit) et porte parole du Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (non autorisé), a été contraint de nouveau à la clandestinité. Les agents de la police qui sont venus l’arrêter le 12 Octobre dernier, ont terrorisé notre fille Sarra (10 ans) qui a refusé d’ouvrir la porte de l’appartement. Depuis, notre domicile est sous surveillance constante.
Quelques jours avant, à son arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage, Hamma a subi un passage à tabac. On le traita de traitre. J’ai moi-même été agressée physiquement et verbalement quand j’ai essayé de le secourir. Le même jour, les quatre pneus de ma voiture ont été tailladés.
Le 9 octobre, un agent de la police est venu nous remettre, à Hamma et moi-même, une convocation à nous rendre à la brigade criminelle, sans aucune précision quant à son objet. Le 10 octobre, alors que Hamma s’apprêtait à se rendre à Paris où il était invité à participer à un débat sur les élections, des policiers l’informèrent qu’il était interdit de quitter le territoire tunisien sous prétexte qu’un « citoyen » (toujours inconnu) aurait porté plainte contre lui et moi-même pour… agression !
Etant donné les différentes formes d’agression subies par mon mari de la part de la police agissant en présence de hauts responsables, ses avocats informèrent le procureur de la république qu’ils étaient en droit de craindre pour l’intégrité physique de leur client, lequel était néanmoins disposé à comparaître directement devant la justice. Jusqu’à aujourd’hui, aucune réaction du parquet n’a été enregistrée, de même, notre plainte relative à l’agression du 29 septembre 2009 a été totalement ignorée.
Cet acharnement est dû au fait que Hamma a osé s’exprimer sur la situation politique en Tunisie la veille des élections législatives et présidentielles du 25 octobre dernier. Il a dénoncé sur les chaines satellitaires « Al jazeera » et « France 24 » la répression, la corruption et les inégalités et a appelé au boycott des élections.
A l’occasion de la journée mondiale des droits de l’Homme, je tiens à remercier tous ceux et toutes celles qui ont exprimé leur solidarité avec Hamma et moi-même à l’occasion des multiples actes d’agression et violation de nos droits et appelle les partis politiques, les organisations de défense des droits de l’Homme et tous les démocrates à soutenir mon mari dans sa lutte pour le droit effectif à la liberté d’expression et à exiger que soient levées toutes les mesures arbitraires prises à son encontre.
Tunis le 10 décembre 2009
Radhia Nasraoui
Tel : (+216) 25 33 99 60 (GSM)
(+216) 22 79 57 79 (GSM)
(+216) 70 86 04 16 (domicile)